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Intelligence artificielle

Clearstream et le SnT dans l’intelligence artificielle



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Le partenariat entre Clearstream et le SnT courra sur quatre ans pour un investissement de 800.000 euros. (Photo: Nader Ghavami)

La filiale de compensation de Deutsche Börse Group a annoncé la signature d’un partenariat avec le bras technologique de l’Université du Luxembourg. Les recherches visent à automatiser la conception et le test des solutions informatiques qu’elle propose à ses clients.

«La construction d’un logiciel, comme celle d’un pont ou d’un bâtiment, a besoin d’un architecte. Or, aujourd’hui, cet architecte-informaticien ne dispose d’aucun outil pour l’aider.» Pour comprendre l’objectif du partenariat de recherche signé avec le SnT, Jean-Richard Riccardi, le responsable du projet chez Clearstream, essaie de simplifier.

La complexification des solutions IT dans le domaine de la finance, combinée à une pression réglementaire toujours plus forte, rend en effet le travail des concepteurs de programmes informatiques financiers toujours plus lourd. «On n’arrive pas à faire face à la demande, et nos clients trouvent qu’on est trop lents», ajoute M. Riccardi.

C’est dans cette optique que Clearstream a proposé au SnT un partenariat de recherche, dans lequel elle a impliqué la société de consultance Escent, avec qui elle travaille sur ce thème depuis plusieurs années. Cet accord court sur quatre ans et sera financé annuellement à hauteur de 200.000 euros, l’investissement étant partagé à parts égales entre l’Université, d’un côté, et Clearstream et Escent, de l’autre.

Être en adéquation avec les besoins communiqués

«Plus concrètement, nous cherchons une méthodologie pour automatiser et standardiser les processus qui permettent d’intégrer dans la conception d’un logiciel les exigences du client et celles du régulateur», développe le vice-directeur du SnT, Lionel Briand. «C’est une solution qui n’est pas proposée sur le marché, c’est donc pour l’instant de la recherche pure.» Pour mener leurs travaux, les chercheurs du SnT, appuyés par des informaticiens de Clearstream et des consultants d’Escent, utiliseront l’intelligence artificielle en parallèle au traitement automatique du langage naturel.

Selon Clearstream, «50% des dépassements de budget dans les projets informatiques sont dus à des besoins inadéquats». En d’autres termes, les exigences des clients sont mal ou insuffisamment comprises. En s’assurant dès la conception d’une solution informatique que le cahier des charges est en parfaite adéquation avec les besoins communiqués, la filiale luxembourgeoise de la Deutsche Börse cherche donc à diminuer ses dépenses et accélérer le temps nécessaire au développement.

Le SnT renforce sa crédibilité de spécialiste fintech

«Avec ce projet, nous voulons aller plus loin dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour qu’elle ne se contente pas seulement de comprendre et analyser des données, mais aussi qu’elle puisse proposer des solutions», indique Philippe Seyll, le Co-CEO de Clearstream. «Si le projet-pilote qui découle de ces recherches fait ses preuves, nous l’élargirons à l’ensemble de nos services, voire du groupe Deutsche Börse.»

Pour le SnT, ce partenariat est l’occasion de renforcer un peu plus sa crédibilité de centre de recherche disposant d’une expertise de pointe dans la fintech. Créé en 2009, il ne s’intéresse à ce champ que depuis quatre ans et est impliqué aujourd’hui dans une dizaine de projets liés à la finance, qui touchent la blockchain, l’analyse de données, la cybersécurité ou encore la conformité. «Il s’agit d’une étape-clé de nos activités dans les fintech», explique le directeur du SnT, Bjorn Ottersten, qui en profite pour rappeler l’importance des «synergies entre les secteurs public et privé» pour le Luxembourg.

Il aura fallu tout de même un an et demi de discussions entre les trois acteurs impliqués pour formaliser ce partenariat.