POLITIQUE & INSTITUTIONS
EUROPE

Négociations du Brexit

Bettel et «les différents discours de Londres»



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Le Premier ministre luxembourgeois assure «être sûr qu’un accord sera trouvé».

Interrogé à son arrivée à Bruxelles pour le Conseil européen, le Premier ministre luxembourgeois n’a pas hésité à dénoncer l’évolution des prises de position de Theresa May «au cours des six derniers mois», tout en assurant «être sûr qu’un accord sera trouvé».

«Les politiciens britanniques constatent que l’unité européenne est une réalité, qu’elle n’existe pas que sur le papier et qu’à 27, nous avons une position claire, nous ne nous laisserons pas diviser.» À son arrivée à Bruxelles pour un Conseil européen qui doit entériner l’impasse des négociations sur le Brexit, Xavier Bettel a une nouvelle fois réitéré la position luxembourgeoise, alignée sur celle des 26 autres États membres.

En allemand, en français puis en anglais, le Premier ministre s’est fendu du même message: «Le discours de Londres au cours des six derniers mois n’a eu de cesse d’évoluer (…), mais les politiques britanniques sont confrontés à l’unité européenne qui est réelle et pas que sur papier, c’est notre force.»

S’occuper d’abord des citoyens, puis des commerces.

Xavier Bettel, Premier ministre

Désireux de garder de bonnes relations avec le Royaume-Uni, partenaire indispensable aujourd’hui comme demain de la Place, Xavier Bettel s’est toutefois dit «sûr qu’un accord sera trouvé», car «je ne veux pas de situation perdant-perdant, je ne suis pas là pour annoncer la victoire d’un camp ou d’un autre». Interrogé sur les compromis à effectuer pour parvenir à surmonter l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les négociations, le Premier ministre a rappelé que «les règles n’avaient pas changé depuis le début».

Ce que le dirigeant luxembourgeois avait résumé en mai dernier, face à CNN, par «s’occuper d’abord des citoyens, puis des commerces». C’est d’ailleurs cette position que défend désormais officiellement Theresa May via un message publié jeudi sur Facebook. Dans ce texte, la Première ministre assure que «les droits des citoyens sont [s]a première priorité» et qu’elle entend «faire passer les gens en premier», avant tout calcul politique ou financier.

Volonté affichée «d’accélérer les efforts»

«Nous étions amis, nous le sommes et nous le resterons», assure pour sa part Xavier Bettel. La «nouvelle dynamique» voulue par la chef du gouvernement britannique et énoncée lors de son discours de Florence devrait porter ses fruits d’ici la fin de l’année, selon les estimations de Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne.

Ce dernier ne recommandera de passer aux négociations sur les accords commerciaux entre l’UE et le Royaume-Uni qu’une fois les questions autour des droits des citoyens impactés par le Brexit, le maintien du processus de paix en Irlande du Nord et le paiement par Londres de ses engagements financiers réglés. De leur côté, lors d’un dîner de travail effectué lundi soir, Européens et Britanniques se sont engagés à «accélérer les efforts» pour atteindre cet objectif.