POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Restaurant

À table avec... Carole Lorang



Carole Lorang: «Les spécificités d’Esch, comme son passé sidérurgique, sa forte immigration, la présence de l’université et de centres de recherche doivent être prises en compte.» (Photo: Mike Zenari)

Carole Lorang: «Les spécificités d’Esch, comme son passé sidérurgique, sa forte immigration, la présence de l’université et de centres de recherche doivent être prises en compte.» (Photo: Mike Zenari)

Metteuse en scène et présidente de la Theater Federatioun, Carole Lorang vient d’arriver à la tête du Théâtre municipal d’Esch-sur-Alzette. L’occasion de parler de sa vision pour l’institution autour d’un repas au Bosque Fevi.

Carole Lorang a fait des études de mise en scène à Bruxelles et se voyait déjà «diriger un lieu où être metteur en scène de la programmation». Elle a grimpé les échelons d’assistante à metteuse en scène, a créé sa propre compagnie, le Grand Boube, et s’est impliquée dans la politique culturelle à la Theater Federatioun. Elle considère son arrivée à la tête du Théâtre d’Esch comme «une évolution normale de mon travail».

Métropole du sud

Arrivée au Théâtre d’Esch le 1er mars, elle est déjà très impliquée dans la scène locale et voulait donc déjeuner dans l’un des restaurants de la ville. Au cœur du parc Gaalgebierg, le Bosque Fevi était le lieu idéal, avec sa carte aux saveurs méditerranéennes. Nous choisissons le menu du midi, qui commence avec un amuse-gueule au saumon, avant de poursuivre avec une soupe crémeuse de poireau et coco, scampi, couteaux, moules, couenne de calamar. «Être directrice me permet de comprendre des rouages dont je n’avais pas idée quand je collaborais avec l’un ou l’autre théâtre», explique Carole Lorang, à la tête d’une équipe d’une quarantaine de personnes, bientôt renforcée d’un chargé de communication et d’un médiateur scolaire.

Saint-Jacques et tomates

Le deuxième service arrive et confirme l’impression du premier plat: le chef aime le mélange d’influences et a choisi de belles assiettes, blanches mais originales dans leur forme. Servir la Saint-Jacques snackée sur une mozzarella avec des tomates concassées, pignons de pin, raisins secs et pesto, c’est audacieux. Pour la directrice, il est important que le théâtre «s’inscrive dans la région et en soit le reflet». Elle veut ainsi veiller à proposer une programmation qui soit complémentaire de ce qui existe déjà ailleurs, y compris à Luxembourg. «Les spécificités d’Esch, comme son passé sidérurgique, sa forte immigration, la présence de l’université et de centres de recherche doivent être prises en compte.» Au rang des nouveautés qu’elle apportera, on peut compter sur une nouvelle identité graphique et un nouveau site internet d’ici une grosse année.

Production nationale

Arrive le plat: du riz façon paëlla avec filets de rouget, haricots verts à la ciboulette et aïoli, plus classique. Un autre aspect que Carole Lorang veut mettre en avant est celui des auteurs, metteurs en scène et créateurs locaux. Elle ambitionne aussi de faire évoluer les manières de travailler pour «mener des projets à long terme, plutôt que les éternelles pièces à trois personnages, montées en six semaines pour trois ou quatre représentations». Ainsi, elle envisage des résidences qui laissent le temps aux projets d’être développés. 

Le dessert fait aussi preuve d’inventivité avec un biscuit au thé matcha avec sorbet à la betterave et orange. Si la saison prochaine est largement programmée par son prédécesseur, Charles Muller, Carole Lorang a quand même mis son grain de sel en lançant des propositions pour la jeunesse et des projets participatifs.