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Restaurant

À table avec... Alexandre Espigares



Selon Alexandre Espigares, «le réalisateur doit être un chef d’orchestre qui a une vision très précise de chaque rouage et une vision globale de ce qu’il veut comme résultat». (Photo: Maison Moderne)

Selon Alexandre Espigares, «le réalisateur doit être un chef d’orchestre qui a une vision très précise de chaque rouage et une vision globale de ce qu’il veut comme résultat». (Photo: Maison Moderne)

Le film «Croc-Blanc» sortira en salles le 28 mars. Nous avons invité son réalisateur, qui signe là son premier long métrage après avoir remporté un oscar pour le court «Mr Hublot». Déjeuner au Am Tiirmschen.

Parce qu’il n’habite pas au Luxembourg mais en Allemagne, Alexandre Espigares a choisi le restaurant Am Tiirmschen et sa cuisine traditionnelle locale. Il y retrouve les plats classiques luxembourgeois et se réjouit de la jolie table dans la tourelle qu’on nous a donnée. Il rembobine l’histoire qui l’a mené à la réalisation de «Croc-Blanc», film d’animation inspiré du roman de Jack London.

Un projet de 10 ans

«J’ai été contacté par Bidibul pour réaliser le film en 2014, alors que le projet était dans les cartons depuis bien longtemps, mais n’avait pas pu se concrétiser.» Alexandre Espigares sait que son Oscar va aider à voir le projet se matérialiser. Il accepte au vu de quelques dessins préparatoires et «un univers artistique qui me laissait une grande liberté, une ambiance de western qui me plait et des personnages qui ont des gueules».

La pomme de terre est reine dans la cuisine luxembourgeoise et nos entrées lui font honneur: un velouté de pomme de terre aux copeaux de foie gras et des «gromperekichelcher au jambon». Des textures agréables et des combinaisons savoureuses.

Chef d’orchestre

Pour son premier long métrage, Alexandre Espigares s’est impliqué dans toutes les étapes de fabrication, y compris dans le travail du scénario qu’il a pu retoucher pour «apporter plus de modernité, en évitant par exemple la narration en voix off». Il a voulu un film «qui ne prend pas le spectateur par la main et qui ne soit pas bavard». Essentiellement tourné en motion capture avec des comédiens qui jouent les personnages qui sont ensuite «habillés» en 3D, le film a demandé trois ans pour être terminé. «Le réalisateur doit être un chef d’orchestre qui a une vision très précise de chaque rouage et une vision globale de ce qu’il veut comme résultat.» Chaque élément doit bien sûr être créé en animation à partir de rien tout en gardant une cohérence sur l’ensemble.

Viandes tendres

Pour le plat, Alexandre Espigares a choisi le plus emblématique des plats luxembourgeois: le collet de porc aux fèves des marais («Judd mat Gaardebounen»). «La viande est tendre à souhait et les fèves bien cuites.» Il poursuit en détaillant les étapes du film qui ont été réalisées au Luxembourg, en plus du tournage au Filmland: «L’éclairage, les effets spéciaux, le ‘compositing’ et l’enregistrement de la musique.» La musique a été composée par Bruno Coulais et Gast Waltzing, qui a dirigé l’enregistrement avec l’OPL. «Je tenais beaucoup à la musique qui vient ponctuer des moments précis et des arrangements avec des instruments irlandais, qui donnent des sonorités originales.»

L’histoire du film se déroule sur trois ans et suit «Croc-Blanc», le fier et courageux chien-loup, qui sera tantôt confronté à la cruauté des Hommes, tantôt à leur bonté, et ce pour mettre en avant tour à tour son côté chien et son côté loup. Ce classique de la littérature américaine devrait connaître un beau succès car il accompagne bien des jeunes dans leurs lectures.