POLITIQUE & INSTITUTIONS

Électromobilité au Luxembourg

400 bornes dans les P+R, 400 autres sur la voirie



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Les 800 bornes du réseau national qui doit être mis sur pied d'ici fin 2020 pourront être complétées par des bornes supplémentaires installées par des entreprises ou des communes. Mais à leurs frais. (Photo: Charles Caratini / archives)

Les 800 installations de recharge qui doivent voir le jour d’ici à 2020 seront installées dans 50% des cas sur les parkings relais situés aux frontières, aux entrées de la capitale ou aux gares. 400 d’entre elles devraient être en place d’ici juillet 2017.

Permettre à la voiture électrique et hybride de devenir une réelle alternative. Telle est l’idée qui se trouve derrière l’installation de 800 bornes de recharge, présentée fin 2014 par François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures. Ce lundi, le ministre, associé à son homologue de l’Économie, Étienne Schneider (LSAP), a dévoilé le passage de la théorie à la pratique.

D’ici à la fin 2020, 800 bornes électriques seront donc installées. 400 sur des P+R et des parkings de gare, 400 sur la voirie publique, comprenez les aires de stationnement et les parkings publics. Chaque borne permettant d’effectuer la recharge de deux véhicules, ce seront donc 1.600 emplacements qui seront réservés aux voitures électriques dans le cadre du réseau national.

Un chiffre global qui pourrait être gonflé par les futures bornes installées par les entreprises privées dont l’achat et l’installation seront à leurs frais. Idem en ce qui concerne les bornes supplémentaires par rapport au plan national installées par les communes.

33 bornes à Belval ou 22 sur le P+R de Rodange

Le futur réseau national prévoit l’installation d’au moins une borne de charge publique pour chaque commune, leur nombre effectif devant varier en fonction des projections de la population, qu’elle soit résidente ou salariée. Sans surprise, Luxembourg-ville devrait ainsi bénéficier du plus grand nombre de bornes (102), en lien notamment avec le nombre de P+R déjà présents ou programmés à la périphérie de la capitale. Le plus important nombre de bornes sera implanté au Höhenhoff (55), à proximité du Findel, suivi du P+R Bouillon (34) et du futur P+R de la Cloche d’Or (28).

C’est cette logique d’implantation aux P+R qui amène certaines communes situées aux frontières à bénéficier d’un nombre important de bornes. Pétange en bénéficiera de 22, en lien avec la création du P+R de Rodange (1.632 places), Belval en aura 33, en raison du P+R de Belval-Université (2.392 places) ou Mertert qui atteindra 21 bornes, du fait du P+R de Mesenich frontières (1.500 places).

Selon les prévisions dévoilées lundi, «au moins» 25% du parc de bornes sur les P+R doit être installé d’ici à juillet 2017. Deux ans plus tard, ce taux doit atteindre «au moins» 80% et être totalement en place d’ici «la fin 2020». Pour la voirie publique, le calendrier est identique, seuls les pourcentages changent, puisqu’en juillet 2019, ce seront 60% des bornes prévues qui devront être installées. Situées à moins de 300 mètres de points d’intérêt communaux, comme le centre, des commerces ou des écoles, ces 400 futures bornes situées sur la voirie seront à charge accélérée.

Deux euros du kilomètre

En ce qui concerne le financement de cette infrastructure nationale, il sera pris en charge par les gestionnaires de réseaux de distribution, également responsables de l’exploitation et l’entretien de l’infrastructure. Les frais engendrés seront pour leur part «couverts par les tarifs d’utilisation des réseaux basse tension», selon Étienne Schneider. En d’autres termes, intégrés dans la facture globale. Pour Creos, la mise en place de ce système va tout de même nécessiter un investissement de 12 millions d’euros.

À noter que toutes les bornes seront gérées par un système informatique central commun mais aussi dotées d’un compteur intelligent et d’un moyen de paiement uniforme. Tout client pourra ainsi payer son «plein» soit via la MKaart, une carte de son fournisseur d’électricité ou via smartphone. Selon le ministre de l’Économie, «l’offre proposée sera imbattable au vu du prix au kilomètre des différentes voitures: 10 euros du kilomètre pour une voiture essence, six pour une diesel et deux pour une voiture électrique».