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Brexit

15 jours cruciaux pour Theresa May



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Theresa May a très peu de temps pour convaincre les députés britanniques. (Photo: Shutterstock)

Les dirigeants européens ont validé ce dimanche l’accord de départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Ainsi qu’une déclaration d’intention quant à leurs relations futures. Mais les jeux ne sont pas encore faits, loin de là.

Les chefs d’États et de gouvernement des 27 États membres de l’Union européenne ont validé dimanche matin le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Un préalable indispensable pour négocier les futures relations entre les deux parties. L’accord de sortie de 585 pages, 185 articles, plusieurs protocoles et annexes avait été finalisé le 14 novembre

Une nouvelle étape a donc été franchie. Mais le plus dur reste sans doute à faire pour Theresa May, cheffe du gouvernement britannique: convaincre son Parlement de voter ce même accord. Ce qui est loin d’être gagné, tant les textes ont déjà reçu une solide volée de bois vert. Ce lundi matin, May rencontrera les membres de son cabinet puis les parlementaires afin de leur faire un état de la situation. 

Deux semaines pour convaincre

Il lui restera alors deux semaines pour convaincre, puisque le vote sur le texte du Brexit devrait avoir lieu la semaine du 10 décembre, sans doute le 12. Et pour le moment, selon nombre d’observateurs, l’arithmétique parlementaire est très défavorable à la Première ministre, à tel point qu’on imagine mal comment elle pourra inverser la tendance.

Le DUP, le parti nord-irlandais sans lequel elle perd sa majorité, a prévenu que 10 des siens ne soutiendraient pas l’accord. 60 députés conservateurs feraient de même, ils seraient même 90 selon le site Politico. Un handicap qui semble impossible à remonter grâce aux voix du Labour Party. Jeremy Corbyn, le leader de l’opposition travailliste, a en effet appelé ses troupes à voter contre. Quelques-uns ne suivront sans doute pas la consigne, mais ce ne sera pas suffisant pour faire la différence. May n’a donc qu’une seule solution: convaincre beaucoup plus de monde dans ses propres rangs.

Une des stratégies sera sans doute de sensibiliser la population et les entreprises. Comme cela avait déjà été fait via une «Lettre à la Nation».

Un accord du Parlement britannique donnerait le feu vert à un Brexit en date du 30 mars 2019, avec une période transitoire jusqu’au 31 décembre 2020 afin de trouver des accords au niveau commercial, notamment concernant la pêche ou quant au statut de Gibraltar. Un refus plongerait les deux parties dans une nouvelle crise. Même si l’accord serait tout de même soumis au vote des eurodéputés, a indiqué Antonio Tajani, président du Parlement européen.