LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être

Solidarité au quotidien

Mohammed, l’ingénieux réfugié mobilisé contre le virus



La famille produit une centaine de masques par jour. (Photo: DR)

La famille produit une centaine de masques par jour. (Photo: DR)

Mohammed et sa famille font tourner les machines à coudre à raison d’une centaine de masques de protection en coton par jour. Une belle démarche pour ce réfugié arrivé au Luxembourg il y a deux ans et qui désirait donner quelque chose au pays «en retour.»

«Il voulait venir au Luxembourg car le pays est réputé pour respecter les droits de l’Homme», résume Gaby Heger.

L’ancienne bourgmestre de Vianden s’est retirée de la politique, mais elle s’investit dans le tissu social de sa commune et de sa région.

C’est au détour d’un des cours de luxembourgeois qu’elle dispense qu’elle rencontre Mohammed Al-Hashimi, ingénieur, et son épouse Smaher, couturière. Il est arrivé au Grand-Duché il y a deux ans au départ de Bagdad, en empruntant les routes turques et grecques, en passant par Paris, avant de trouver un refuge dans la région de Wiltz. Une fois le statut de réfugié accordé, son épouse a pu le rejoindre l’an dernier avec leurs deux enfants, aujourd’hui âgés de 13 et 15 ans.

«Grâce à l’indemnisation de l’Adem, ils ont trouvé un appartement – bien trop cher d’ailleurs –, mais Mohammed cherche toujours un travail. Ce n’est pas évident pour lui de trouver un emploi dans sa branche, malgré ses efforts d’intégration», note Gaby Heger.

En attendant, le coronavirus s’est répandu à travers le monde. Au cœur de cette crise, toute la famille Al-Hashimi se mobilise pour produire 100 à 150 masques par jour, livrés à des organismes qui en font la demande dans la région, au gré des réseaux de connaissances.

«Mohammed, fils de tailleur, a trouvé que cette crise était le bon moment pour redonner au Luxembourg ce qu’il lui avait donné», ajoute Gaby Heger.

Toute la famille s’est lancée sans compter dans la production de masques en coton, sur base des recommandations du ministère de la Santé et grâce à la matière première en coton recueillie par le biais de connaissances.

Un bel élan de solidarité dont l’écho est parvenu jusqu’au château de Berg, auprès des souverains qui ont fait la demande pour deux masques, indique Mme Heger, à l’arrière-plan de ce selfie. DR

Un bel élan de solidarité dont l’écho est parvenu jusqu’au château de Berg, auprès des souverains qui ont fait la demande pour deux masques, indique Mme Heger, à l’arrière-plan de ce selfie. DR

Grâce au soutien privé et au Soroptimist, la famille dispose désormais de trois machines à coudre: une pour Mohammed, une autre pour son épouse, et une troisième pour un ami habitant à Dudelange, également réfugié et à la recherche d’un emploi.