ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sidérurgie

Michel Liebgott au chevet de British Steel Hayange



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Michel Liebgott, maire de Fameck et président de la Communauté d’agglomération du Val de Fensch, insiste dans son courrier adressé à Bruno Le Maire sur le fait que «l’État français doit peser tant que faire se peut pour éviter le scénario catastrophique d’une rupture d’approvisionnement qui mettrait en péril les deux unités de Hayange et de Saint-Saulve».   (Photo: Archives/Romain Gamba)

Le président de la Communauté d’agglomération du Val de Fensch a écrit au ministre français de l’Économie et des Finances, afin de défendre l’usine hayangeoise, après le placement en liquidation judiciaire, ce mercredi 22 mai, de sa maison mère British Steel.

Les autorités du Royaume-Uni ont annoncé, ce mercredi 22 mai, la faillite de British Steel . Employant près de 5.000 personnes au Royaume-Uni, le sidérurgiste est propriétaire de l’usine de Hayange, en Moselle. Si les autorités françaises se sont rapidement voulues rassurantes, expliquant que les unités du groupe présentes dans l’Hexagone ne seraient pas concernées par le processus de liquidation, Michel Liebgott, président de la Communauté d’agglomération du Val de Fensch, n’en demeure pas moins inquiet pour la pérennité du site.

Dans une lettre adressée ce jeudi à Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances, il précise que le site mosellan emploie 450 personnes, spécialisées dans la production de rails, pour le marché français et notamment les lignes du TGV, mais également pour les marchés européen et mondial. C’est d’ailleurs l’usine British Steel de Hayange qui a fourni les rails du premier tronçon du tram luxembourgeois de Luxexpo, au Kirchberg.

Une réserve en blooms de deux à trois mois

Et si, à ce stade, «la défaillance de la maison mère n’emporte pas (...) de risque financier et juridique pour l’entité française de Hayange, elle n’en demeure pas moins extrêmement problématique sur le plan industriel», insiste Michel Liebgott. L’usine, qui produit 300.000 tonnes de rails par an, dispose en effet d’une réserve de production de blooms – barres d’acier –, matière première de l’usine, sur deux à trois mois.

Or, ces blooms sont actuellement produits par les hauts fourneaux britanniques de Scunthorpe, un site qui, lui, est menacé par la faillite de British Steel. «La direction locale doit au plus vite trouver une solution d’approvisionnement en blooms en cas de rupture de production à Scunthorpe et dans l’attente de l’adaptation de l’aciérie électrique de Saint-Saulve, ex-Ascoval, si celle-ci est également préservée par la défaillance de la maison mère», ajoute l’élu, également maire de Fameck.

British Steel «tiendra ses engagements»

«L’État français doit peser tant que faire se peut pour éviter le scénario catastrophique d’une rupture d’approvisionnement qui mettrait en péril les deux unités de Hayange et de Saint-Saulve», insiste, en conclusion de son courrier, Michel Liebgott.

Bruno Le Maire a reçu les représentants des salariés d’Ascoval ce jeudi à Bercy. À la sortie, il a confié, lors d’une conférence de presse, que le gouvernement «continuait à croire en la reprise d’Ascoval par British Steel, le projet est viable et l’aciérie d’Ascoval a un avenir».

Expliquant qu’il fallait garder le site nordiste – qui devra passer de la production d’aciers ronds aux aciers plats destinés à la fabrication des rails – pour pouvoir fournir l’usine hayangeoise –, Bruno Le Maire a ajouté que British Steel lui avait assuré qu’il «tiendrait ses engagements financiers». Le ministre français n’a pas précisé, lors de son allocution, s’il allait également rencontrer des représentants ou élus mosellans.