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Les masques, une histoire belge qui ne fait plus rire



Le ministre belge a fait vérifier si l’usine chinoise où la société luxembourgeoise doit se fournir en masques existait bien, et c’est le cas. (Photo: Shutterstock)

Le ministre belge a fait vérifier si l’usine chinoise où la société luxembourgeoise doit se fournir en masques existait bien, et c’est le cas. (Photo: Shutterstock)

La gestion des masques ne cesse de faire des remous en Belgique. Dernier épisode en date: des millions de filtres commandés qui ne pourront être placés dans des masques auprès d’une société établie au Luxembourg, mais spécialisée dans la location de voitures.

L’histoire est belge mais ne fait plus rire personne dans le Royaume. Alors que la pandémie de Covid-19 est toujours une réalité, les couacs se multiplient en ce qui concerne la gestion des masques.

En avril déjà, des problèmes surgissent avec des masques KN95 commandés en Chine par le gouvernement fédéral après le feu vert donné par le ministère de l’Économie. Mais les retours du terrain sont si mauvais que des tests sont demandés et concluent à la non-conformité des produits. Pas de chance: la Région wallonne a commandé les mêmes masques et ordonne donc rapidement aussi de ne plus les utiliser.

Une société inconnue du secteur de la mode

Voici quelques jours, un lot de 1,8 million de masques saisis par la justice à Liège et stockés comme pièces à conviction ont été volés, selon une information de RTL TVI. Des masques qui vont évidemment être remis sur le marché.

Dernier épisode en date, la commande par le gouvernement fédéral de 18 millions de masques en tissu. Un appel d’offres est lancé au niveau européen et une cinquantaine de sociétés y répondent. Le ministère choisit une entreprise flamande (Tweeds & Cottons) et la société Avrox, société anonyme établie au Luxembourg.

Problème soulevé par le député N-VA Michael Freilich: cette société Avrox n’est pas spécialisée dans la santé ou le secteur de la confection, mais dans celui de la location de voitures. Ce dont s’est aussi inquiétée Creamoda, la fédération belge de la mode, pour qui Avrox est totalement inconnue. À la tête d’Avrox, on retrouve un Français et un Jordanien, tout aussi inconnus des professionnels de la mode et de la confection.

Les médias belges se sont donc largement inquiétés des compétences d’Avrox à livrer les bons produits à hauteur de 15 millions de pièces. Le ministre de la Défense, Philippe Goffin (MR), s’est voulu rassurant puisque l’usine où Avrox doit acquérir les 15 millions de masques existe bien en Chine et le paiement ne sera effectué que s’ils sont conformes. Auprès de RTL TVI, le ministre a confirmé dimanche que le marché avait été passé avec une priorité donnée à la «rapidité pour être fournis». Les masques doivent arriver le 24 mai.

Des millions de filtres non compatibles

Mais cet épisode n’est pas le dernier. La Première ministre Sophie Wilmès a annoncé en effet voici quelques jours que des filtres seraient commandés pour être insérés dans les masques, dont potentiellement ceux attendus de Tweeds & Cottons et d’Avrox. RTL TVI a cependant appris que les 22 millions de filtres commandés par un autre ministre, Koen Geens (CD&V), que celui qui a commandé les masques ne seraient pas compatibles avec les produits qui doivent être livrés le 24 mai.

Le ministre Goffin a expliqué à nos confrères que tout était cependant normal dans ce cas. «Les masques commandés par la Défense sont des masques qui n’ont pas besoin de filtre. Les filtres viennent en renfort des masques artisanaux faits par les citoyens. Il faut bien distinguer les uns des autres. Les masques commandés par la Défense sont autonomes. Nous n’avons jamais eu le souhait de fournir à chaque citoyen un masque compatible avec les deux filtres donnés en parallèle», assure-t-il.