POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Son apprentissage n’est pas «superflu»

Le luxembourgeois requis dans 35% des offres d’emploi



«Au cours des trois dernières années scolaires, 7.000 chèques pour des cours de langue en luxembourgeois ont été délivrés par l'Adem», appuie le ministre du Travail Dan Kersch (LSAP). (Photo: Shutterstock)

«Au cours des trois dernières années scolaires, 7.000 chèques pour des cours de langue en luxembourgeois ont été délivrés par l'Adem», appuie le ministre du Travail Dan Kersch (LSAP). (Photo: Shutterstock)

Dans une réponse parlementaire adressée à Fred Keup, le ministre du Travail Dan Kersch (LSAP) explique que l’apprentissage de la langue luxembourgeoise n’est pas «superflu» sur le marché luxembourgeois, contrairement à ce qu’affirme le député de l’ADR.

«La déclaration de l’honorable député n’est (…) pas correcte. L’une des missions principales de l’Adem est d’aider les personnes à acquérir les compétences requises pour le marché du travail luxembourgeois. Par conséquent, les compétences linguistiques sont explicitement exigées (dans les) postes à pourvoir à l’Adem.» C’est ainsi que le ministre du travail Dan Kersch (LSAP) a répondu, mercredi 28 juillet, à une question parlementaire qui lui avait été adressée par le député Fred Keup (ADR).

Le député de l’ADR avait en effet affirmé que des agents de l’Adem avaient dit à des demandeurs d’emploi étrangers qu’apprendre le luxembourgeois était «inutile». Dans sa réponse parlementaire, Dan Kersch précise qu’au premier semestre 2021, environ 20.000 postes vacants ont été signalés à l’Adem. Dans 35% des cas, la connaissance de la langue luxembourgeoise est requise.

«Au cours des trois dernières années scolaires, 7.000 chèques pour des cours de langue en luxembourgeois ont été délivrés par l’Adem», appuie le ministre. «L’apprentissage de la langue luxembourgeoise n’est certainement pas superflu sur le marché du travail luxembourgeois.»

Des différences selon les secteurs et métiers

Dan Kersch reconnaît toutefois qu’il existe de grandes différences entre les divers groupes professionnels. En 2021, le luxembourgeois est demandé dans les professions de santé dans 90% des cas, dans le commerce dans 59% des cas. En revanche, la langue luxembourgeoise joue un rôle moins important dans le secteur financier (16%) et dans l’industrie (21%).

«Même au sein de ces groupes, il peut encore exister de grandes différences. À titre d’exemple, on peut citer le domaine des services aux entreprises. La connaissance de la langue luxembourgeoise est requise dans 61% et 48% des cas au secrétariat et à l’administration du personnel (ressources humaines). En informatique, elle n’est que de 17%. Dans le domaine des services aux personnes et au grand public, il existe des professions comme éducateur ou travailleur social où la langue luxembourgeoise est quasiment indispensable (96% des places). En revanche, le luxembourgeois joue un rôle moins important dans le secteur du nettoyage (33%), dans la recherche (26%) ou dans le secteur juridique (17%)», ajoute encore le ministre, s’appuyant sur des données de l’Adem.