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Emploi

Le compte épargne-temps fâche les patrons



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Jean-Paul Olinger, directeur de l’UEL, regrette que les patrons n’aient pas été plus entendus. (Photo: Matic Zorman)

Le projet de loi portant sur la création d’un compte épargne-temps est soumis au vote des députés ce mardi. Les patrons savent que les jeux sont faits, mais regrettent que leurs propositions n’aient pas été entendues.

Cette fois, on y est, ou presque. Le projet de loi sur la création d’un compte épargne-temps dans le secteur privé , approuvé à l’unanimité en commission, est arrivé devant les députés ce mardi. Il devrait donc se concrétiser avant l’été.

Il permettra aux salariés du secteur privé, sous certaines conditions (avoir deux ans d’ancienneté, bénéficier d’une convention collective de travail ou d’un accord interprofessionnel...), de provisionner certaines heures de travail (jours de congé compensatoire, heures supplémentaires...), avec un maximum de 1.800 heures, afin de les utiliser ensuite, par exemple, dans le cadre d’un projet personnel.

Il aurait fallu tenir compte de la valeur monétaire d’une heure de travail.

Jean-Paul Olinger,  directeur,  Union des entreprises luxembourgeoises

Dans les rangs du patronat, on sait que les jeux sont faits. Mais la communication menée ces derniers temps autour du compte épargne-temps échauffe les oreilles de nombreux chefs d’entreprise. Cela en crispe certains, en fâche beaucoup d’autres.

«C’est un peu fort d’entendre que le secteur privé suit l’évolution du secteur public», tonne l’un d’eux. «C’est en réalité l’inverse. Ce compte épargne-temps existait dans de nombreuses entreprises du secteur privé, notamment les banques, depuis fort longtemps, souvent avec des variantes de l’une à l’autre, évidemment. Et c’est ensuite le secteur public qui s’en est inspiré. On inverse totalement les choses!»

Les patrons voulaient une alternative

L’autre point de crispation tient dans la valeur d’une heure de travail. «Dans le projet de loi, une heure vaut toujours une heure», analyse  Jean-Paul Olinger , directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises. «Or, il aurait fallu tenir compte de la valeur monétaire d’une heure de travail. Je prends l’exemple d’un salarié qui est là depuis 15 ans. Admettons qu’il mette de côté des heures depuis le début, et qu’après 15 ans, il souhaite les utiliser. Durant toutes ces heures, acquises au fil des années, il y a évidemment eu des indexations, et cet index s’applique aussi aux heures mises de côté. Donc elles coûtent beaucoup plus cher aux patrons au moment où le travailleur les prend qu’au moment où il les a mises de côté.»

Le patronat aurait donc aimé plus de flexibilité et qu’une alternative soit trouvée. «Car, pour certaines entreprises, cela va coûter très cher... une fois de plus», annonce Jean-Paul Olinger.