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Revue de presse

De précieux terrains entre quelques mains 



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La propriété foncière est particulièrement concentrée à Luxembourg-ville. ( Photo: Shutterstock)

Non seulement la propriété de terrains disponibles est concentrée aux mains d’un nombre limité de personnes physiques et de sociétés privées, mais cette concentration est aussi restreinte à certaines zones géographiques, notamment dans la capitale.

Où se concentre la propriété de terrains disponibles? Le Liser et l’Observatoire de l’habitat ont présenté, jeudi 28 février, les résultats de plusieurs études sur la situation du foncier  au Luxembourg. Et le Land s’est penché sur la note n°23 que l’Observatoire de l’habitat a consacrée au «degré de concentration de la détention du potentiel foncier destiné à l’habitat en 2016».

La valeur totale du potentiel foncier est estimée à 20,7 milliards d’euros en 2016, soit 15% de la valeur totale estimée de toutes les résidences principales au Luxembourg, selon l’Observatoire.

Qui détient alors ce potentiel foncier? 15.907 personnes physiques disposent de 65,2% de la valeur totale de ces terrains; 18,6% sont aux mains de 746 sociétés privées. Le reste appartient à l’État, aux communes et aux promoteurs publics.

Concentration à Luxembourg-ville

L’auteur de l’article du Land, Antoine Paccoud, est chercheur en géographie sociale au Liser. Il a donc analysé le sujet de la concentration de la propriété foncière en lui appliquant un filtre géographique.

Il constate ainsi que «11 groupes de particuliers et 11 sociétés privées détenaient ensemble 63% des 3,8 milliards d’euros de terrains disponibles à Luxembourg-ville en 2016».

Dans la capitale, 91% de la valeur du potentiel foncier appartiennent aux 10% des familles qui possèdent les terrains à la plus haute valeur. Les communes voisines ne sont pas en reste: la proportion est de 88% à Strassen, 84% à Leudelange, 81% à Sandweiler, ou encore 78% à Bertrange.

Exclusion sociale

Conséquence, pour Antoine Paccoud: «Il est plus difficile d’acquérir des terrains dans les communes où le top 10 a une mainmise plus importante sur le foncier.» Au final, selon le chercheur, «ce cercle vicieux crée de l’exclusion sociale à partir de la concentration foncière».

Dans le détail, 23 personnes physiques détiennent des terrains d’une valeur minimale de 25 millions d’euros; 117 personnes, des terrains de plus de 10 millions d’euros; et 390 personnes, des terrains de plus de 5 millions d’euros.

Plus de concentration parmi les sociétés

La concentration de valeur est plus significative encore pour les sociétés privées, puisque 18 d’entre elles disposent de terrains valant plus de 50 millions d’euros, 27 plus de 25 millions d’euros, et 58 plus de 10 millions d’euros.

Et encore, selon le Land, les résultats concernant les sociétés privées «sont très certainement sous-évalués. En effet, il est d’usage courant pour certains types de sociétés de séparer leurs activités entre différentes structures.»