PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS
WEALTH MANAGEMENT

Prince Max du Liechtenstein (LGT)

«La maîtrise des données est un socle fondamental»



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La concentration dans le private banking et l’asset management a permis au groupe LGT d’asseoir sa position sur le marché, indique son CEO. (Photo: LGT)

Le Prince Max du Liechtenstein est aussi le CEO de LGT, le groupe détenu par la famille princière. Invité d’honneur ce mardi de la conférence annuelle de la Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association (LPEA), il évoque en prélude les défis des activités financières qui l’occupent.

Les fondations du groupe LGT, actif dans le private banking et l’asset management, remontent à 90 ans. La petite banque est devenue mondiale avec 20 sites et 3.400 collaborateurs annoncés.

Votre Altesse, le «digital» est au centre de toutes les conversations dans le secteur financier. Quel est l’agenda de votre groupe?

S.A.R. le Prince Max du Liechtenstein. –  «Le digital est certes un buzzword, mais nous avons constaté depuis plusieurs années des progrès significatifs sur le plan technologique au travers de différentes sociétés en croissance. Nous pouvons considérer ces changements technologiques comme des outils qui peuvent améliorer notre fonctionnement interne ou des possibilités d’investissement au travers des sociétés qui les ont développés.

Des sociétés technologiques sont donc sur votre radar pour d’éventuels investissements…

«Nous avons en effet un agenda en matière d’investissement dans ce secteur. Certaines start-up sont devenues de grandes sociétés qui ont réussi à générer de la valeur et à disrupter le marché. Nous avons donc augmenté nos efforts pour identifier quelles seraient les sociétés présentant de nouveaux modèles d’affaires qui pourraient nous intéresser.

Où se situe la création de valeur de ces nouvelles sociétés?

«Cette valeur provient souvent en premier lieu du changement opéré par la technologie, mais il est rarement dissociable d’une maîtrise des données. Ceci peut s’observer dans quasiment toutes les industries. La maîtrise des données est un socle fondamental pour développer des affaires à l’avenir.

Nous travaillons avec certaines fintech pour améliorer certaines de nos activités.
Prince Max du Liechtenstein

Prince Max du Liechtenstein ,  CEO,  LGT

Considérez-vous les fintech comme des concurrentes ou de potentiels partenaires?

«Plutôt comme des partenaires potentiels. Nous avons bien entendu observé l’émergence de nouveaux concurrents dans le private banking. Mais nous travaillons avec certaines fintech pour améliorer certaines de nos activités, tant sur le plan des investissements que des opérations internes. Nous basons la relation avec ces acteurs sur base de l’amélioration mutuelle.

Le fait de disposer d’une taille critique permet aussi de réaliser certains investissements techniques…

«Notre taille nous aide à réaliser des économies d’échelle et à disposer d’une large base de clientèle, mais dans le même temps, il est important de rester concentré. Nous sommes concentrés sur le private banking et l’investment management.

Votre leitmotiv serait donc: rester concentré dans ce monde en changement constant?

«La concentration est devenue encore plus cruciale dans cet environnement complexe. Notre business model basé sur des réflexions sur le long terme nous a aussi donné raison. J’ajoute que le private banking et l’investment management sont dans une période de consolidation, ce qui nous a permis de réaliser une série d’acquisitions durant les dernières années.

L’investissement durable est un changement profond qui ne va faire qu’augmenter à travers le temps.
Prince Max du Liechtenstein

Prince Max du Liechtenstein ,  CEO,  LGT

Gardez-vous votre agenda d’acquisition ouvert?

«Nous sommes constamment à la recherche d’éventuelles opportunités tout en étant très sélectifs.

La finance se veut aussi de plus en plus «durable» ou «responsable», quelle est votre approche en la matière?

«Avec l’augmentation des problèmes environnementaux auxquels doit faire face la planète, nous verrons de plus en plus de réglementation aller en faveur des investissements durables.

Ce mouvement vers plus d’investissements responsables nécessitera une adaptation de notre modèle d’affaires, tant dans le private banking que dans l’investment management. L’investissement durable n’est toutefois pas une tendance à court terme, mais bien un changement profond qui ne va faire qu’augmenter à travers le temps.

Comment se marque le changement de profil de vos clients?

«Nous avons plus que doublé nos actifs sous gestion durant les six dernières années (198,3 milliards de francs suisses au 31 décembre 2018, ndlr) et triplé durant la dernière décennie. Ces résultats vont de pair avec le changement de la typologie de nos clients, dont plus du tiers provient désormais d’Asie, là où les parts de marché affichent la plus haute hausse. La taille moyenne de nos clients a aussi évolué à la hausse.

Le private equity a quant à lui connu une croissance significative. Ces changements sont en ligne avec nos positionnements pour répondre à des clients qui sont, in fine, plus éduqués et formulent des besoins plus sophistiqués.»