LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Culture

What’s that sound (2/8)

«Je vends ma maison pour faire face aux mesures Covid»



«Il y a peu d’aide pour certaines catégories professionnelles au Royaume-Uni et certaines sont totalement ignorées», explique Dick Meredith. (Photo: Den Atelier)

«Il y a peu d’aide pour certaines catégories professionnelles au Royaume-Uni et certaines sont totalement ignorées», explique Dick Meredith. (Photo: Den Atelier)

L’équipe de l’Atelier a mobilisé 18 de ses partenaires internationaux, tous actifs dans le domaine de l’industrie musicale, pour évoquer l’impact de la pandémie sur leur quotidien, mais aussi la résilience dont ils font preuve. Une série de témoignages à découvrir chaque semaine via Paperjam et Delano.

Est-ce que vous bénéficiez d’un soutien de l’État ou autre? Combien de temps pensez-vous encore pouvoir tenir dans cette situation?

Dick Meredith, tour manager indépendant. – «Il y a un peu d’aide pour certains au Royaume-Uni en fonction du statut fiscal. Beaucoup ont cependant été complètement ignorés. Je vends ma maison pour financer l’extension probable des mesures et les programmes de vaccination plus lents à travers le monde.»

Rémi Bruggmann, booker & coordinateur artistique du festival de jazz de Montreux. – «Nous avons eu la chance d’obtenir une aide gouvernementale suite à l’annulation. Elle a couvert 80% de nos pertes, mais nous avons tout de même dû en assumer une partie. La mise à disposition de la plupart des membres du personnel permet également de limiter les pertes financières.»

Steffen Rabe, booker pour FKP Scorpio. – «Notre service RH gère cela. Il existe des aides de l’État et des gouvernements, mais qui varient selon la taille des entreprises.»

Zöé Caldwell, agent de Blue Man Group et de Circa. – «J’ai rapidement pris la décision de me rendre en Australie, qui est mon pays de naissance, lorsque la pandémie a frappé, mais je n’y vivais plus depuis 18 ans. J’ai pu obtenir le soutien du gouvernement et j’ai eu la chance de travailler à temps partiel dans le milieu du théâtre en septembre 2020 et à plein temps en janvier 2021, j’étais très déterminée!

Natasha Gregory, agent chez Mother Artists, qui réside au Royaume-Uni et représente Amy Macdonald, IDLES, RY X, Tom Misch, Foster the People. – «Personnellement, je n’ai pas eu d’aide. Beaucoup d’entreprises sont passées entre les mailles du filet. Je fais partie des chanceux, car je vais survivre. Mais il faut que le secteur redémarre, comme les autres.»

Clotaire Buche, agent Junzi. – «Nous avons des aides qui nous permettent de tenir le coup, mais qu’en sera-t-il à l’avenir? Il faut voir comment va évoluer la situation lors de la saison estivale et de l’automne. Notre président a annoncé que la plupart des adultes seraient vaccinés à la fin de l’été, mais cela semble peu probable.»

Dany Hassenstein, booker du Paléo Festival Nyon. – «Sans l’aide du gouvernement, cela ne fonctionnerait pas! Le gouvernement nous aide en couvrant 80% de la masse salariale du personnel inactif et notre perte opérationnelle de 2020 a été couverte à 70%. Cette aide était très nécessaire pour 2020, mais ne sera pas suffisante pour 2021, nous aurons besoin d’une couverture à 100%.»

Josh Javor, agent, X-Ray Touring. – «Oui, les aides et les mises en disponibilité aident, mais pas assez par rapport à ce qu’il faudrait.»

Rahel Feidler, production manager, Showtime! Entertainment Services. – «Comme nous sommes tous les deux managers dans notre entreprise, et non salariés, nous pourrions recevoir un petit paiement personnel de 1.200 euros si nous remplissions une liste de conditions. Comme notre secteur n’était pas officiellement et physiquement fermé (comme un magasin), le financement de l’entreprise était et est toujours presque inexistant. En mars, nous avons fait le point avec notre comptable, et après avoir coupé tous les frais non essentiels (téléphone fixe, salaires personnels, assurance voyage…), nous savons que nous ne survivrons financièrement que jusqu’à la fin de l’été. Faire un prêt juste pour survivre à la crise n’est pas une option pour nous.»

Björn Harder, tour & stage manager, Try Harder Productions GmbH. – «Je reçois une partie des taxes que j’ai payées durant 30 ans. Il ne faut pas oublier que le gouvernement n’a pas d’argent: c’est notre argent!»

Jan Smeets, agent & booker, Live Nation Belgium, Rock Werchter. – «Le gouvernement belge a introduit un système de chômage temporaire qui réduit les coûts pour l’employeur tout en garantissant 70% du revenu du salarié. Sans cela, notre secteur aurait implosé.»

Luke Bell, tour manager indépendant. – «Pas pour nous (Penny et moi), non. Les programmes de soutien du gouvernement pour les entreprises et les travailleurs indépendants ont été refusés pour nous deux. De nombreux pigistes dans l’industrie de la musique sont, comme nous, passés entre les mailles du filet des aides. Le gouvernement britannique a bien soutenu les petites entreprises standards et certains travailleurs indépendants, mais beaucoup dans l’industrie de la musique ont été laissés pour compte – Penny et moi n’avons été autorisés à réclamer qu’un crédit universel, qui s’élevait à 590 livres par mois. Ce n’est pas grand-chose pour vivre.»

Silvio König, tour manager & production manager, Thirteen Fourteen Productions. – «Oui, nous avons reçu 5.000  euros au début de la pandémie, puis, pendant près de huit mois, plus rien! Plus tard, en décembre, le gouvernement a voulu nous soutenir avec une nouvelle aide. Cela m’a été bénéfique en tant qu’indépendant, mais toutes les entreprises que je connais n’ont rien eu jusqu’à présent! C’est plus du blabla que de l’aide… C’est en tout cas mon opinion personnelle.»

Ton Maessen, tout manager indépendant. – «En tant que résident portugais, je reçois un soutien minimal comme free-lance d’environ 500 euros par mois, pour un maximum de six mois par an. Une mesure encore valable six mois.»

Alex Bruford, agent, ATC Live. – «Au Royaume-Uni, le gouvernement a fourni une aide supplémentaire aux employés, des réductions de TVA, des prêts de rebond et un programme culturel ‘fonds de relance des arts’. Cependant, tous ces éléments devront être étendus pour protéger de nombreuses autres entreprises du secteur, ainsi que la nôtre, en raison de la nature continue de la pandémie et du fait que le divertissement en direct à pleine capacité sera l’un des derniers secteurs à reprendre.»

Silke Westera, booker, FKP Scorpio. – «Cela a été très limité. Notre entreprise n’a reçu que peu de fonds ces derniers temps, car nous n’avons souvent pas respecté les critères. Je ne suis pas en mesure de citer à quel point nous ne pourrons pas continuer, mais si cette situation perdure en 2022, ce sera certainement difficile.»

Dirk «Bats» Dillen, électricien, Powershop. – «Nous avons un peu d’aide au niveau de la sécurité sociale, mais cela ne va plus durer longtemps.»

Danny Simons, agent, Grand Hotel van Cleef Musik GmbH. – «Oui, nous avons du soutien et nous sommes presque certains de survivre jusqu’à la fin de 2021.»