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Josy Arens (Député belge, bourgmestre d’attert)

«Je vais interroger le ministre sur la vaccination des frontaliers»



Le député belge aime aller au combat dans les dossiers touchant aux travailleurs frontaliers. (Photo: SP)

Le député belge aime aller au combat dans les dossiers touchant aux travailleurs frontaliers. (Photo: SP)

Député belge et bourgmestre de la Commune d’Attert, Josy Arens (CDH) est très impliqué dans le domaine des frontaliers belges. Logique quand on sait que 60% de la population active de sa commune travaille au Luxembourg.

M. Arens, la semaine dernière, vous avez interpellé à Bruxelles le ministre belge des Finances concernant le fonds de compensation des frontaliers, cette fameuse rétrocession effectuée par le Luxembourg à la Belgique d’une partie de ses recettes fiscales et des montants liés à la perception des accises. C’est un sujet qui vous inquiète?

Josy Arens. – «Quand un ministre vous dit qu’il est ‘disposé à évaluer les propositions luxembourgeoises et à examiner d’autres solutions pour remplacer le mécanisme actuel’, cela me fait penser qu’on risque d’aller vers une autre formule. Sinon, le ministre Van Peteghem (CD&V) aurait exprimé les choses différemment. Par exemple, en disant qu’il souhaite pérenniser la formule actuelle. Or, ce n’est pas ce qu’il a déclaré. Sa réponse a créé un vrai doute chez moi. D’où le fait que je vais ‘au combat’.

Je crains qu’on décide de mettre en place des partenariats (…). Et que ceux-ci remplacent les compensations financières.

Josy Arens,  député,  CDH

Et que craignez-vous dans cet éventuel changement de mécanisme?

«Je crains qu’on décide de mettre en place des partenariats, comme cela peut exister entre la Belgique et la France. Et que ceux-ci remplacent les compensations financières. Les communes belges, dont la mienne, ne seraient alors plus maîtres d’allouer, comme elles le souhaitent, les montants versés. Des montants qui sont dus. Puisqu’ils sont là pour compenser une perte de recettes fiscales. Le Luxembourg rétrocède aux communes belges l'impôt que les frontaliers belges travaillant au Grand-Duché devraient payer aux communes en Belgique.

Quelles conséquences aurait pour vous un changement de mécanisme?

«Quand seulement 40% de votre population active travaille de votre côté de la frontière, comme c’est le cas à Attert, il n’est pas possible d’obtenir les moyens de gérer une commune. Avant la mise en place de cette dotation, notre Commune n’était tout simplement pas gérable. Et si on annule celle-ci, elle ne le sera, à nouveau, plus. Pour Attert, on parle d’une somme de deux millions d’euros par an. Pour Arlon, cela monte à huit ou neuf. Nous avons besoin de cet argent.

Sans un coup de pouce du Luxembourg, on ne pourra pas vacciner tout le monde dans un délai raisonnable.

Josy Arens,  député,  CDH

Vous avez aussi annoncé sur les réseaux sociaux que vous alliez interroger ce mardi le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke (SPA), concernant la vaccination des frontaliers belges…

«Je vais lui demander ce qu’il en est à ce niveau-là, oui. Et, notamment, s’il y a ou non un accord avec le Luxembourg pour que les travailleurs frontaliers se fassent vacciner là-bas. J’ai lu ce que la ministre luxembourgeoise de la Santé avait expliqué à ce sujet (à savoir que les frontaliers doivent se faire vacciner dans leur pays d’origine, ndlr). Mais j’aimerais avoir une réponse claire de la part de son homologue belge. Parce que si ce dernier me dit que rien n’est prévu, il faut d’urgence réunir un comité de concertation, afin d’évoquer la vaccination du Sud-Luxembourg. Car lorsque l’on voit la disposition des différents centres prévus dans cette région, on se rend compte que sans un coup de pouce du Luxembourg, on ne pourra pas vacciner tout le monde dans un délai raisonnable. Par contre, une collaboration avec le Luxembourg pourrait expliquer ce choix. C’est donc une question importante.

Vous avez l’impression qu’il pourrait y avoir un accord bilatéral dont on n’a pas encore entendu parler?

«Je n’en suis pas sûr. Peut-être y a-t-il eu des discussions, mais pas plus, à mon sens…»