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Mamans et entrepreneuses

«Je prends l’équipe du matin, mon mari celle du soir»



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Pour trouver du temps pour soi, Florence Benaise compte avant tout sur une certaine forme d’organisation et de priorisation des moments privilégiés avec ses proches. (Illustration: Maison Moderne)

Elles combinent vie familiale épanouie et vie professionnelle trépidante. Coup de projecteur sur ces mamans qui jonglent en permanence avec la work-life balance. Début de cette série avec Florence Benaise, fondatrice de Purcom.lu.

Âgée de 38 ans, Florence Benaise est mariée et maman de deux enfants (7 et 11 ans). Cette Française est aussi la fondatrice et directrice de Purcom.lu, cabinet d’épanouissement personnel, d’hypnose et de coaching personnel.

Comment c’était, dans votre tête, quand vous avez voulu avoir des enfants et poursuivre votre carrière?

Florence Benaise. – «C’est un choix. Historiquement, nous étions dans le nord de la France et je voulais changer d’air et donner une autre éducation à mes enfants. Quand mon mari a eu une opportunité au Luxembourg, nous avons décidé d’y aller. Comme je travaillais chez Pfizer, j’ai bénéficié d’un plan d’accompagnement à la reconversion. En deux ans, j’ai suivi des formations, mais j’ai le sentiment que mon projet existe depuis toujours!

À quoi ressemble votre organisation, le matin, plutôt rigide ou plutôt chaotique?

«Quand même organisée! Plutôt moi qui prends l’équipe du matin et mon mari qui prend l’équipe du soir. Nous sommes au ‘top’, comme ‘techniques d’optimisation personnelle’, des techniques issues de l’armée avec quand même un peu de lâcher-prise. Si tout n’est pas parfait, c’est OK. La recette est là.

Quel est le secret d’une rentrée réussie?

«C’est l’amour! Le secret, c’est l’amour. Nous sommes une équipe soudée dans un emploi du temps qu’on ne maîtrise pas toujours. Il faut se garder des trous pour les ‘cas où’. Avoir de l’attention l’un pour l’autre et partager nos emplois du temps. Comme mon mari est plus libre que moi, souvent, c’est lui qui répond aux imprévus.

Quand on est là, avec nos enfants, on est vraiment là.
Florence Benaise

Florence Benaise,  fondatrice,  Purcom.lu

La work-life balance, un doux rêve?

«Non, c’est une réalité. J’apprends et je forme les gens à être épanouis et donc je dois l’être moi-même. Je m’applique les principes que je leur enseigne. La règle est d’être la même personne dans la vie privée et dans la vie professionnelle. Il y a des sacrifices à faire, bien sûr, mais ce qui compte c’est la présence, pas le temps de présence, mais être vraiment présent! Quand on est là, avec nos enfants, on est vraiment là.

Si vous aviez quelque chose à demander aux politiques, ce serait quoi?

«De lâcher prise avec les règles de présence. C’est regrettable d’imposer du temps de présence à tout le monde de la même manière. Le boulot doit être fait, toutes les personnalités ne sont pas prêtes à être plus autonomes ou à être tout le temps encadrées. Qu’on pense un peu aux profils plus autonomes. Je serais assez favorable à deux jours par semaine de travail depuis la maison avec un accompagnement pour former à cette autonomie.

Quand ça ne va pas, à qui s’adresse-t-on?

«À mes ‘pierres précieuses’, j’ai un côté spirituel, mes ‘guides de lumière’. Ces gens qui font des métiers proches du mien, comme des thérapeutes ou des coachs, qui ne sont pas forcément des amis, mais avec lesquels nous avons partagé des expériences uniques pendant nos formations. On s’entraide en cas de coup dur. Puis mon mari, ma famille, mes amis.

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Florence Benaise: «Nous sommes là pour les mettre sur le chemin, pour les aider à grandir. Ils ne nous appartiennent pas.» (Photo: Florence Benaise)

Être maman, ça apporte quoi à l’entreprise?

«Beaucoup de vécu, d’histoires à raconter, d’exemples de la vie. De la douceur et de la bienveillance, de la curiosité. Mes enfants me font prendre conscience de plein de choses.

Si vous aviez un conseil pour les autres mamans-entrepreneuses?

«De rester elles-mêmes. De ne pas le faire pour ses enfants. D’avoir du respect pour soi, de faire attention à soi. Il ne faut pas faire de sacrifices pour ses enfants. Mais penser à soi.

À l’inverse, que faut-il éviter?

«Il ne faut pas tout faire pour ses enfants. Nous sommes là pour les mettre sur le chemin, pour les aider à grandir. Ils ne nous appartiennent pas, chante Lynda Lemay. Il faut savoir s’effacer, ne pas avoir peur d’être seule, d’oser pleurer. On a oublié ça.

Comment votre conjoint s’insère dans ce rythme?

«Il me soutient, il est admiratif, il a peur. Il dit ‘Ma femme est folle’ de temps en temps. Mais il me soutient à 100%, y compris dans les moments difficiles du couple et de la famille. Que je travaille dans le développement personnel nous a aussi amenés à rééquilibrer les choses au niveau de la famille.

Je suis moi et j’assume mes forces et mes faiblesses, et cela est une force.
Florence Benaise

Florence Benaise,  fondatrice,  Purcom.lu

Comment faire pour trouver du temps pour soi?

«J’ai des bulles qui me sont réservées. Mon mari aussi, mes enfants, et tous ensemble. Il faut beaucoup communiquer, ne pas avoir peur de se parler vraiment. Personne n’est là pour subir quoi que ce soit.

Est-ce que vous êtes une superwoman?

«Je ne sais pas trop si j’aime cette expression. Je suis moi et j’assume mes forces et mes faiblesses, et cela est une force.

Votre prochain défi, un autre enfant?

«Un autre enfant, ce n’est pas au programme. Un nouveau bébé professionnel est en gestation sur l’organisation, le bien-être et la formation professionnelle. Topaze ne va plus tarder à naître.»