LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Drive

Cédric Delahaye

Le jour où j’ai sauvé une vieille voiture américaine



Rongée par la rouille, la Ford Mustang Coupe Grande de Cédric Delahaye a retrouvé une seconde jeunesse après 800 heures de travail.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Rongée par la rouille, la Ford Mustang Coupe Grande de Cédric Delahaye a retrouvé une seconde jeunesse après 800 heures de travail.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Cédric Delahaye est un spécialiste du marketing en milieu juridique. Mais sa véritable passion, c’est la mécanique, apprise avec son oncle garagiste. En 2014, il a ainsi rénové une Ford Mustang de 1972, qui dormait dans le garage de sa grand-mère depuis 40 ans…

«J’ai toujours baigné dans le milieu de l’automobile. Ma mère a été championne de rallye, et mon oncle, Alain Bleret, a toujours un garage bien connu des passionnés d’anciennes voitures dans la région d’Arlon. C’est là que je me suis familiarisé avec la mécanique, dès l’âge de 14 ans. J’ai commencé par balayer le garage, avant de monter des plaquettes de frein, de remplacer des pneus ou des joints de culasse. Ce qui me fascine, en réalité, c’est le moteur à combustion interne, cette capacité qu’il a de transformer un carburant en énergie motrice.

Une Mustang rouillée en cadeau

À mes 18 ans, mon oncle m’a cédé une Ford Mustang Coupe Grande 302ci V8 – un semblant de Mach 1 – datant de 1972. Ce n’était toutefois pas un cadeau: elle était à l’arrêt depuis le début des années 80 et était stockée dans des conditions loin d’être idéales, dans le garage de ma grand-mère. Au moment de son décès, la famille a décidé de revendre la maison. Il fallait donc faire quelque chose avec ce véhicule. Après avoir déjà travaillé sur d’anciennes voitures allemandes et anglaises, je me suis lancé dans la restauration – voire la reconstruction – de cette américaine d’une conception très simple, mais d’une robustesse mécanique exceptionnelle.

Heureusement, j’ai pu compter sur l’expertise, l’espace et l’outillage de mon oncle, sans qui il aurait été impossible d’entreprendre ce genre de projet. Stockée fenêtres ouvertes, la voiture avait été envahie par l’humidité et les animaux. Elle était donc rongée par la rouille et la moisissure, et le travail à mettre en œuvre était considérable: de la tôlerie sur mesure, un moteur à remettre en état, un habillage intérieur à refaire entièrement, le traitement de toutes les surfaces métalliques, l’électricité, la peinture… 

800 heures de travail

Au-delà des éléments que nous avons reconstruits, nous avons également dû retrouver certaines pièces. Par chance, le moteur 5 litres V8 (302ci 4V) est bien connu, et ses pièces se trouvent encore assez facilement. Par contre, pour d’autres éléments, ce n’est pas la même histoire, et cela peut vite s’avérer très coûteux. J’ai heureusement trouvé un spécialiste, à Heusden-Zolder, qui dispose de 1.200 références en stock pour ce genre de véhicules, et nous avons pu nous en sortir pour un coût total d’environ 12.000 euros, sans compter les 800 heures de travail, réparties sur 2 ans. 

Ce modèle de Mustang, en soi, n’est pas une voiture rare, et son coût – même en parfait état de rénovation – n’est pas exorbitant. Mais c’est une réelle aventure humaine, partagée avec mon oncle et des amis, et une sorte de clin d’œil à tous les passionnés de vieille mécanique. Cette première “phase” de la Pony Car est en effet un héritage d’un temps bien révolu, avant la crise pétrolière de 1973, lorsqu’on pouvait encore produire des moteurs surdimensionnés, dont la consommation, en conduite raisonnable, s’élève à 18/100 km… L’une des dernières véritables muscle cars américaines, en somme.  

Une voiture difficile à faire rouler 

C’est notamment en raison de cette consommation élevée que cette Ford Mustang Coupe Grande est aujourd’hui plus souvent au garage que sur la route. Mais il faut aussi rappeler que c’est un engin qui a 50 ans, et sa conduite, sa tenue de route et son freinage n’ont rien à voir avec ce à quoi on est habitué aujourd’hui, même si la réglementation sur les anciennes voitures a beaucoup évolué et que les normes en vigueur assurent une plus grande sécurité. Je la sors donc pour des rassemblements de véhicules anciens, pour en faire profiter d’autres passionnés, mais cela se limite à ça. 

Évidemment, ma passion pour l’automobile et la mécanique n’est pas près de s’éteindre et – qui sait? – d’autres projets d’envergure pourraient encore voir le jour avec la génération suivante. Je souhaite en tout cas continuer à la partager avec d’autres amateurs de la région!»

Cet article a été rédigé pour le supplément Drive , paru le 26 janvier avec  l’édition magazine Paperjam du mois de février 2022. 

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