PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

laurent mertz (Aleba)

«Il faut un front commun pour les salariés de la Place»



«Je ne suis pas certain que nous aurions pu avoir mieux en entamant des négociations», estime Lauren Mertz. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne/Archives)

«Je ne suis pas certain que nous aurions pu avoir mieux en entamant des négociations», estime Lauren Mertz. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne/Archives)

Un accord de principe a été conclu concernant le renouvellement des conventions collectives dans le secteur des banques et assurances. Un gage de sécurité nécessaire dans ce contexte compliqué, estime le secrétaire général de l’Aleba, Laurent Mertz.

Les conventions collectives de travail signées en 2018 resteront inchangées en 2021, 2022 et 2023 pour les banques et assurances. Un accord de principe a été trouvé entre le plus important syndicat du secteur, l’Aleba – à l’initiative de l’accord – et les associations patronales ABBL et ACA. 

Si les textes sont la copie conforme de ceux déjà en vigueur, leur reconduction est une excellente nouvelle pour le secrétaire général de l’Aleba, Laurent Mertz , permettant d’après lui de mettre l’accent sur l’employabilité, la formation et le développement des compétences, tout en garantissant des conditions de protection des salariés.

L’accord de principe doit encore être soumis à l’approbation des membres des associations patronales. Gagné d’avance?

Laurent Mertz. – «Logiquement ça devrait être bon, pour l’Aleba, les reconductions que nous soutenons font sens parce qu’elles se basent sur des contrats collectifs signés par tous en 2018 et qu’elles prévoient, dans le contexte que nous connaissons actuellement, une sécurité pour l’ensemble des acteurs ainsi que des évolutions salariales. Alors que ceci n’était pas évident en termes conjoncturels. Mais je n’ai que peu de doute quant au fait que les organes représentatifs nous suivront.

Outre les clauses des conventions déjà en application, des nouveautés ont-elles été apportées?

«Il n’y a rien de neuf, les principes sont conservés, même s’ils diffèrent un peu entre les secteurs de la banque et de l’assurance. Pour la banque, les rémunérations de base seront celles de 2020, une enveloppe de 1% de la masse salariale concernant la rétribution de l’acquisition et la mise en œuvre des compétences, une enveloppe de 1,5% pour la formation et un point touchy, le 26e jour de congé pour les personnes de 50 ans et plus. On retrouve des bases similaires pour l’assurance, avec également la garantie triennale, les primes de conjoncture ainsi qu’une prime extraordinaire de 300 euros par an. Et bien sûr, 26e jour de congé, dont nous pensions qu’il était dû aux personnes concernées.

Avec la crise sanitaire – et les profondes difficultés économiques vers lesquelles nous nous dirigeons –, avez-vous des craintes pour l’emploi?

«Oui, nous avons des craintes pour l’emploi. Et tous secteurs confondus. Il y a de la fragilité dans l’horeca, le détail, l’aérien, comme Luxair. Et je vois que pour les banques et assurances, 2020, mais surtout 2021, sont envisagées dans des perspectives assez négatives.

Dans un contexte comme celui que nous traversons, comment envisager l’avenir?

«C’est très compliqué. J’ai lu dans une étude de Luxembourg for Finance, que 60% des patrons sondés s’attendent à des recettes inférieures, qu’il n’y ait aucun investissement, voire du recul. Avec les phénomènes de digitalisation qui sont en route, les habitudes des consommateurs changent, et la BGL a par exemple décidé de fermer des agences dans des villages. J’en reviens à cet aspect, mais ces mutations imposent que l’accès à la formation soit assuré et qu’il y ait des indemnités en cas de rupture.

Avec cet accord de principe, les textes signés en 2018 resteraient en application pour les années 2021, 2022 et 2023. Les autres syndicats vont-ils, bien que minoritaires, vous suivre?

«Nous prenons, en tant que syndicat sectoriel, nos responsabilités. On espère évidemment que les syndicats nationaux rejoindront cet accord. Aujourd’hui plus que jamais, il faut un front commun pour les salariés. On reconduit des choses signées par tout le monde en 2018 et je ne suis pas certain que nous aurions pu avoir mieux en entamant des négociations.»