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Six mois après sa nomination

Hansen «devient» ministre de la Digitalisation



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Entouré par son attaché de gouvernement 1re classe Luc Schockmel et le directeur du CTIE Patrick Houtsch, le ministre délégué à la Digitalisation Marc Hansen tenait sa première conférence de presse six mois après sa nomination. (Photo: Paperjam)

Une application, un débat public, un déménagement, un haut comité: six mois après sa nomination comme ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen avait plein de choses à dire pour sa première conférence de presse, ce lundi matin, à l’Hôtel Saint-Augustin.

Sur la table des grandes conférences de presse, où l’on annonce des stratégies importantes ou des accords avec des VIP de la politique internationale, le ministre délégué à la Digitalisation a posé une tablette géante. Comme un symbole d’une transformation achevée. Les journalistes sont invités à suivre ses explications sur une tablette ou un smartphone mis à leur disposition par son cabinet (pour le temps de la conférence de presse).

Du papier, il ne reste que ce fac-similé de certificat de résidence, sécurisé par GouvCheck , une nouvelle application qui ne sert pour l’instant qu’à ça. À assurer le citoyen ou l’agent de l’État qui en a besoin que ce certificat est authentique, grâce à un QR code. Digicash est aussi accessible depuis MyGuichet.lu , le système eTracking permet aux citoyens de suivre où en sont leurs démarches et un système de prise de rendez-vous avec l’administration fonctionne.

La transformation digitale est en cours, mais elle reste un vaste chantier ouvert aux quatre vents.

Marc Hansen ne s’en cache pas: après «quelques couacs (dans la transformation digitale vers l’e-government, ndla), où il est difficile de trouver un représentant officiel» qui les assume, la coalition a décidé la création de ce ministère, dirigé par le Premier ministre. «Nous ne repartons pas de zéro, mais il y a beaucoup de choses sur lesquelles travailler. En particulier à l’inclusion numérique, pour que ceux qui ne sont pas dans le bateau aient eux aussi des opportunités», explique-t-il, entouré du directeur du CTIE Patrick Houtsch et d’un attaché de gouvernement 1re classe Luc Schockmel.

Six mois après son arrivée, le temps de trouver les bonnes personnes pour ce nouveau ministère, le ministre délégué commence par annoncer... son déménagement à l’Hôtel de Bourgogne à la rentrée, dès que les travaux de rénovation seront terminés.

L’effet DESI

Puis un débat, qui aura lieu à la Chambre des députés avant l’été, début juillet. «Nous y présenterons un document de tout ce que nous avons fait, parce que nous pensons que cela doit faire l’objet d’un débat public et la Chambre est le meilleur endroit pour le faire», explique le ministre délégué à la Digitalisation.

Comme son Premier ministre et lui le rappellent à chaque occasion depuis début décembre, le ministère doit «être un facilitateur et un coordinateur» pour poursuivre la digitalisation des services publics.

C’est l’effet Desi. Il y a une semaine, la Commission européenne publiait son actualisation de l’indice relatif à l’économie et à la société numérique (DESI) : «Les services publics numériques ont continué à s’améliorer, mais le score reste inférieur de plusieurs points à la moyenne de l’UE», dit le rapport. Le Luxembourg y est 18e à la rubrique «utilisateurs de l’administration en ligne», 16e pour les «formulaires pré-remplis», 16e quant à l’«étendue des services en ligne» ou encore 15e concernant les «services publics numériques pour les entreprises».

Indigne d’un pays qui veut jouer les premiers rôles et qui a perdu une place cette année (6e), mais le gouvernement entend bien accélérer. «Nous devons veiller à ce que la digitalisation rende les choses plus simples. Pas digitaliser pour digitaliser. Dans le domaine de la formation des agents, une académie permettra de les former correctement», explique-t-il. «Nous avons lancé des outils d’adaptative learning.» Comme ça, chaque employé peut tester lui-même son niveau et obtenir une formation adaptée.

Sur Guichet.lu (ou MyGuichet.lu), les statistiques montrent que les utilisateurs privés ont surtout cherché des explications sur leurs impôts, un extrait de leur casier judiciaire ou des formulaires pour demander une bourse, par exemple. Bientôt, il sera possible d’y trouver un permis de pêche numérisé... qui facilitera aussi le contrôle. Une nouvelle application est en train d’être finalisée par le Centre des technologies de l’information de l’État pour avoir toutes ces solutions sur un smartphone et de nouvelles fonctionnalités.

Un haut comité de la transformation numérique

Après le débat à la Chambre, sera créé un «haut comité de la transformation numérique», annoncé dès décembre, pour amener le gouvernement à prendre les bonnes décisions. Il sera composé de représentants des ministères, mais également de la société civile actifs ou ayant un intérêt précis dans le processus de la digitalisation du Luxembourg.

Le ministère de la Digitalisation doit se renforcer pour faire face à ses obligations, indique le ministre délégué, évoquant «une start-up ministérielle» tandis que la transversale Digital Lëtzebuerg continuera à fonctionner sous la seule responsabilité du Premier ministre.

Enfin, le ministère aura aussi son compte Twitter.