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Indice européen

Le Luxembourg progresse… mais recule sur le digital



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L’intégration des technologies dans les PME et les services publics est le gros point noir du Luxembourg, mais la situation s’améliore nettement, dit le Desi 2019. (Photo: Shutterstock)

Malgré une meilleure note, le Luxembourg perd une place dans le classement de l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI 2019) et se fait doubler par le Royaume-Uni.

«C’est dans le domaine de la connectivité, où le Luxembourg occupe la deuxième place du classement européen, que le pays obtient les meilleurs résultats. L’intégration des technologies numériques et les services publics numériques restent les points les plus faibles du pays dans l’indice DESI (The Digital Economy and Society Index), les deux scores étant inférieurs à la moyenne de l’UE, mais les taux de progression enregistrés sur les deux dernières années indiquent que le pays s’emploie à résorber ce retard», note la Commission européenne dans son rapport sur le Luxembourg.

Si la note atteint le score de 61,8 contre 59,5 un an plus tôt, le Luxembourg n’est plus que sixième (5e en 2018 ) doublé par le Royaume-Uni.

La Finlande est toujours en tête de cet indice européen publié chaque année sur les mêmes bases, cinq chapitres, devant la Suède et les Pays-Bas.

Connectivité: 2e

Le pays est entièrement couvert par les réseaux fixes à haut débit.

Le taux de couverture d’accès de nouvelle génération (NGA) est de 98%.

Le Luxembourg obtient de très bons résultats en ce qui concerne l’adoption des services à haut débit mobiles (139 abonnements à des services à haut débit mobiles pour 100 personnes, contre une moyenne de 96 pour l’UE).

Dans une certaine mesure, cette intensification de l’adoption du haut débit mobile (16 points de pourcentage de plus en 2018) se fait au détriment de l’adoption du haut débit fixe. Même si cette dernière est nettement supérieure à la moyenne européenne, elle a baissé de six points de pourcentage en 2018.

Le Luxembourg va probablement manquer son objectif de politique nationale consistant à faire en sorte que toute la population dispose, d’ici à la fin 2020, d’une connexion à 1Gbps. La couverture intégrale n’est pas réalisable d’ici 2020 au moyen des seuls réseaux fixes.

Commission européenne

La demande de services en haut débit rapide et ultrarapide est toutefois en augmentation: 62% des abonnements concernent le haut débit rapide et 33%, le haut débit ultrarapide, contre 52% et 22% respectivement il y a un an. La couverture 4G du Luxembourg est supérieure à la moyenne européenne (99% contre 94%).

Le déploiement de la fibre se poursuit et la couverture FTTP (fibre jusqu’aux locaux) a dépassé les 63%.

«Le Luxembourg va probablement manquer son objectif de politique nationale consistant à faire en sorte que toute la population dispose, d’ici à la fin 2020, d’une connexion à 1Gbps. La couverture intégrale n’est pas réalisable d’ici 2020 au moyen des seuls réseaux fixes, tandis que la 5G pourrait contribuer à améliorer encore la couverture. Jusqu’ici, le pays a compté principalement sur un déploiement du haut débit fondé sur le marché, basé sur la concurrence entre les opérateurs. À l’avenir, il est prévu de réduire la fracture numérique en utilisant également les fonds nationaux et européens. Cela demande encore à être défini plus en détail», indique la Commission.

Capital humain: 3e

En 2017, 87% des personnes âgées de 16 à 74 ans au Luxembourg possédaient des compétences numériques de base (contre 57% dans l’UE). Les nouvelles données de 2018 indiquent que le pays obtient aussi des résultats relativement bons en ce qui concerne les compétences numériques plus avancées, avec 5,8% de diplômés dans le domaine des TIC.

En outre, la part des spécialistes des TIC dans la population active totale est passée à 5%, bien au-dessus de la moyenne de l’UE (3,7%).

Parallèlement, les données d’Eurostat indiquent que le Luxembourg connaît d’importantes pénuries de main-d’œuvre en ce qui concerne les spécialistes des TIC. Parmi les entreprises qui ont recruté ou tenté de recruter des spécialistes des TIC en 2017, 71% ont déclaré avoir eu des postes vacants difficiles à pourvoir, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne de l’UE (53%). Ce taux était de 61% en 2016 et atteignait pas moins de 78% pour les entreprises du secteur des TIC.

Utilisation de services internet: 6e

L’utilisation d’internet, notamment, est très élevée, 3% seulement des personnes déclarant n’avoir jamais utilisé internet et 92% de personnes (contre 96% auparavant) se déclarant utilisatrices d’internet, contre 83% en moyenne dans l’UE.

Par rapport à la moyenne des internautes de l’UE, les utilisateurs luxembourgeois sont plus enclins à effectuer des achats en ligne et à utiliser les services bancaires en ligne, mais sont moins susceptibles de vendre en ligne (15% contre 23% en moyenne dans l’UE).

Intégration des technologies numériques: 17e

Le pays gagne quatre places par rapport à l’an dernier.

Dans la veine de sa volonté de devenir une «data driven economy», le Luxembourg obtient de bons résultats en ce qui concerne le pourcentage d’entreprises qui utilisent les mégadonnées (16% contre une moyenne de 12% dans l’UE, 7e position).

Le pays reste bien en dessous de la moyenne de l’UE en ce qui concerne le pourcentage de PME qui vendent en ligne.

«Les progrès réalisés au cours de l’année écoulée sont cependant prometteurs, ce qui donne à penser que les PME luxembourgeoises commencent à tirer parti des possibilités offertes par le commerce électronique», analyse la Commission.

Services publics numériques: 17 e

Même si sa note reste légèrement inférieure à la moyenne de l’UE, les résultats dans les services publics numériques «se sont améliorés plus rapidement que ceux de l’Union européenne au cours des dernières années».

Le niveau d’interaction en ligne entre les autorités publiques et les citoyens est limité. Seuls 55% des utilisateurs d’internet luxembourgeois ont activement recours aux services d’administration en ligne (64% en Europe).

Le Luxembourg enregistre des résultats inférieurs à la moyenne de l’UE en ce qui concerne les formulaires préremplis et l’étendue des services en ligne, mais le pays progresse considérablement sur ces deux points depuis quelques années.

En ce qui concerne les données ouvertes, le pays obtient des résultats particulièrement bons (sixième position).

Pour ce qui est des nouveaux indicateurs relatifs aux échanges de données médicales et aux ordonnances électroniques, les résultats sont nettement inférieurs à la moyenne de l’UE. Seuls 14% des médecins généralistes utilisaient des ordonnances électroniques en 2018, contre 50% en moyenne dans l’UE. Le Luxembourg obtient toutefois de bons résultats dans le cadre plus large de l’indicateur des services de santé en ligne mesuré l’an dernier, et se classe en 12e position dans l’UE.

3e position pour le Women in Digital Scoreboard

Cette année, la Commission européenne intègre pour la première fois un indice spécifique pour les femmes. Malgré certains retards, le Luxembourg occupe la troisième place européenne. Un point mérite d’être souligné: la part des femmes dans l’ICT est six fois moins importante que celle des hommes. Une réponse à creuser face à la pénurie mentionnée plus haut.