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Emploi

Les frontaliers majoritaires dans l’industrie



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Les frontaliers représentent 66% de l’emploi total dans l’industrie manufacturière, 56% dans le commerce, réparation d’automobiles et de motocycles, ou 55% dans la construction. (Photo: Charles Caratini  / Archives Paperjam)

Entre avril 2014 et avril dernier, l’emploi frontalier a progressé près de 1,5 fois plus vite que l’emploi résident, avec 4% de croissance par an. Et ce sont notamment dans les secteurs de l’industrie manufacturière et du commerce que les frontaliers sont le plus présents.

Alors que l’on a appris il y a quelques semaines que le seuil des 200.000 frontaliers travaillant au Luxembourg avait été franchi, une réponse parlementaire commune des ministres de l’Économie, Étienne Schneider , de la Sécurité sociale, Romain Schneider , et du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Dan Kersch , permet d’en savoir plus sur la croissance de ces travailleurs qui franchissent tous les jours la frontière grand-ducale.

Entre avril 2014 et avril dernier, l’emploi a progressé à un rythme annuel moyen de 3,3%. Sur cet intervalle, l’emploi féminin, qui est passé de 159.385 à 188.135 personnes (+3,4%/an), a été légèrement plus dynamique que l’emploi masculin, qui est passé de 239.314 à 280.295 personnes (+3,2%/an). L’emploi frontalier (+4,0%/an) a, quant à lui, progressé près de 1,5 fois plus vite que l’emploi résident (+2,7%/an).

Les frontaliers sous-représentés dans l’administration publique

Entre mars 2014 et mars dernier, la part des travailleurs frontaliers dans l’emploi total est passée de 41,8% à 43,3%. «Cette progression est exclusivement à imputer aux frontaliers résidant en France. En effet, alors que la part des travailleurs frontaliers résidant en Allemagne et celle des travailleurs frontaliers résidant en Belgique ont légèrement diminué, bien que leur nombre ait augmenté, celle des travailleurs résidant en France a progressé de 1,8% pour atteindre 22,4% en mars 2019», expliquent les ministres, en réponse à la question du député Mars Di Bartolomeo (LSAP).

«Il existe de très fortes disparités sectorielles dans la part des travailleurs frontaliers», ajoute la réponse parlementaire. On peut en effet observer, d’après les chiffres publiés par l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS), que les frontaliers représentent 66% de la part des travailleurs dans l’industrie manufacturière, 56% dans le commerce, réparation d’automobiles et de motocycles, ou 55% dans la construction.

Au sein des activités financières et d’assurance, les frontaliers ne sont pas majoritaires, représentant 48% des emplois totaux. Mais c’est dans l’administration publique qu’ils sont particulièrement sous-représentés, avec seulement 5% de l’emploi total.