LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Mobilité

à partir du 15 décembre

Les frontaliers français vont devoir jongler entre les trains



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Le directeur Voyageurs des CFL, Marc Hoffmann, a rejoint Luxembourg en TER, vendredi, à l’issue de la conférence de presse. Le train est parti avec cinq minutes de retard. (Photo: Paperjam)

La SNCF et les CFL ont présenté, vendredi, le plan de circulation des TER entre Luxembourg et le Sillon lorrain, qui sera applicable à partir du 15 décembre. Objectif: perturber le moins possible les habitudes des voyageurs.

Les frontaliers français empruntant le train chaque jour pour rejoindre le Grand-Duché expérimenteront dès le 15 décembre les modalités de circulation qui seront appliquées jusqu’au 6 avril 2020. Des modalités qui tiennent compte de l’interdiction, pour les trains français de voyageurs non équipés sur système de sécurité européen ERTMS, de franchir la frontière luxembourgeoise à compter du 1er janvier 2020.

À ce jour, neuf rames à double étage sont équipées de ce système, dont sept en circulation. La SNCF attend deux rames dans les deux prochaines semaines, ce qui portera à 11 le nombre de rames en circulation au moment du changement de service. Une 12e arrivera entre fin décembre et début janvier.

Nous avons trouvé un montage permettant d’offrir le même nombre de places aux voyageurs.

Jacques Weill,  directeur adjoint,  SNCF TER Grand Est

«Nous avons trouvé un montage permettant d’offrir le même nombre de places aux voyageurs», indique Jacques Weill, directeur adjoint de SNCF TER Grand Est. «Nous aurons 12 rames équipées au 1er janvier. Le principe sera que ces rames rejoignent Luxembourg le matin, puis effectuent des navettes entre Luxembourg et Thionville.» Ainsi, les voyageurs arrivant du Sillon lorrain avant 7h25 bénéficieront d’une ligne directe comme actuellement, tandis que les suivants devront changer de train à Thionville.

La SNCF a également veillé à faciliter le changement de train en gare de Thionville, «qui n’est pas du tout conçue» pour le transfert de centaines de passagers d’une voie à l’autre, avec un seul passage souterrain.

«Nous avons travaillé avec SNCF Réseaux pour trouver une solution lors des périodes de pointe le matin et le soir, afin que la correspondance soit assurée sur le même quai», poursuit M. Weill. «Nous avons aussi pris nos dispositions pour que les deux trains s’arrêtent côte à côte», ainsi les voyageurs pourront monter dans la voiture équivalente dans le deuxième train.

Les départs avancés de quelques minutes entre Nancy et Thionville

Le plan de circulation laisse cinq minutes de correspondance à Thionville pour les frontaliers venant d’Uckange ou de Metz, sachant qu’il faut en réalité deux minutes pour transborder les voyageurs d’un train à l’autre sur le même quai. «Cela nous permet d’absorber un éventuel retard de trois minutes», ajoute M. Weill. L’heure d’arrivée en gare de Luxembourg sera inchangée – mais il faudra pour les abonnés montant avant Thionville concéder de partir quelques minutes plus tôt.

Ce dispositif transitoire sera opérationnel jusqu’au 6 avril, date à laquelle la SNCF pense avoir récupéré assez de rames équipées du système ERTMS pour revenir aux rotations actuelles, donc sans imposer de changement de train à Thionville. «Une période finalement assez courte», commente Marc Hoffmann, directeur de l’activité Voyageurs des CFL. La SNCF aura réceptionné et mis en service la totalité des 25 rames affectées au Sillon lorrain pour la rentrée de septembre 2020.

Ces informations sont disponibles dans une brochure distribuée par la SNCF et sur son site internet, sous le titre engageant «Jusqu’au 5 avril 2020, il va peut-être falloir jongler (un peu)». À voir si les frontaliers souriront longtemps devant ce jeu de mots.

La brochure prochainement distribuée aux frontaliers français prend le parti de l’humour. (Photo: Paperjam)

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La SNCF a prévu de conserver les rames équipées du système ERTMS en début et fin de journée sur les horaires les plus fréquentés. (Photo: Paperjam)

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