POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Fédération des jeunes dirigeants

La FJD a 45 ans, de la maturité et beaucoup de dynamisme



Laurent Decker, Carole Retter, Stéphanie Damgé et Georges Krombach: quatre des cinq membres du board des directeurs de la FJD. (Photo: Maison Moderne)

Laurent Decker, Carole Retter, Stéphanie Damgé et Georges Krombach: quatre des cinq membres du board des directeurs de la FJD. (Photo: Maison Moderne)

La Fédération des jeunes dirigeants d’entreprise de Luxembourg vient de désigner sa nouvelle équipe dirigeante. Très motivée, elle va notamment profiter de cette 45e année d’existence pour évoquer les sept tabous des dirigeants d’entreprise au Luxembourg. 

Portée sur les fonts baptismaux en 1977, la Fédération des jeunes dirigeants d’entreprise voit donc son 45e anniversaire se profiler à l’horizon. 45 ans, c’est aussi l’âge maximal qu’il faut avoir pour en faire partie. «Si on a plus de 45 ans et qu’on a intégré notre fédération avant, on en reste membre. Membre ‘honoraire’, si je puis dire», corrige Georges Krombach, récemment élu à la présidence. Et qui peut compter «sur un noyau dur, un comité de direction très stable». 

Au sein de celui-ci, renouvelé également, on retrouve Antoine Clasen , Carole Retter , Stéphanie Damgé  et Laurent Decker . Mais derrière eux, «on compte plus de 580 membres, et c’est en croissance», notent-ils. L’un des objectifs sera «de recruter plus de femmes. Nous en comptons 12% pour le moment», analyse Georges Krombach. 

Comme d’autres associations professionnelles, la FJD est née «du besoin de se retrouver, de pouvoir échanger… Cela à une époque où les fédérations étaient sans doute moins nombreuses que maintenant», note Carole Retter. Des échanges enrichis par la diversité des profils des affiliés: des personnes de moins de 45 ans, qui travaillent dans une entreprise privée ou publique installée au Luxembourg, qui dirigent une petite équipe et qui ont été cooptées par deux membres effectifs. «Pas besoin, donc, d’être un CEO pour nous rejoindre», fait remarquer Stéphanie Damgé. «Nos membres viennent d’entreprises très différentes, de très grandes ou de beaucoup plus petites. Et c’est justement cette mixité qui est intéressante», poursuit Laurent Decker.

Nous ne sommes donc pas un club de ‘Luxos’, pas une fédération de dirigeants luxembourgeois, mais de dirigeants d’entreprises qui sont établies au Luxembourg.
Laurent Decker

Laurent Decker,   ex-président

L’un des objectifs sera «de recruter plus de femmes. Nous en comptons 12% pour le moment», analyse Georges Krombach. «Le temps reste un frein malgré tout. Quand on est une femme, que l’on travaille, que l’on a une famille, il faut pouvoir tout faire. On remarque aussi que beaucoup de femmes travaillent dans de petites entreprises, comme indépendantes, et ne peuvent donc accéder à la FJD», poursuit Carole Retter. Une autre ambition, dit-elle encore, «sera d’avoir encore plus de nationalités différentes». La fédération veut «être représentative de l’économie luxembourgeoise. Nous ne sommes donc pas un club de ‘Luxos’, pas une fédération de dirigeants luxembourgeois, mais de dirigeants d’entreprises qui sont établies au Luxembourg», précise Laurent Decker.

Une fédération pour le moins active, avec une trentaine d’événements par an. «Des conférences, des voyages d’études, des visites d’entreprise…», indique Stéphanie Damgé.

Et si la pandémie a mis un frein aux événements, les liens sont restés solides via un groupe d’échange sur WhatsApp ou la réalisation d’une vidéo dans laquelle «ceux qui avaient envie ou besoin de s’exprimer ont pu le faire. Cela a créé beaucoup de solidarité.» Incontestablement, «c’est dans ces temps difficiles que la fédération a démontré toute son utilité».

Et un grand appétit pour cette année 2021-2022 de la FJD qui vient de débuter en octobre. «Ce sera important de revenir à une certaine normalité, cependant. Tout ce qui sera possible, on le fera», promet Georges Krombach.

Argent, échec, diversité…

L’année sera marquée par plusieurs temps forts. «On souhaite parler durant les mois à venir des sept tabous des dirigeants du Luxembourg: l’ambition, l’échec, la diversité, l’argent, l’éducation, l’internationalisation et la politique», développe Georges Krombach. Inspiré par les États-Unis, pays qu’il connaît bien, «où la mentalité est très différente. Paradoxalement, c’est un pays incroyablement dur, où vous pouvez être broyé très vite si vous perdez votre job, mais où tout le monde veut se rendre. L’argent est un bon exemple. Aux États-Unis, on est à l’aise avec ce thème, et la philanthropie est une réalité. Comme ces bibliothèques sponsorisées et qui portent le nom du donateur. Ici, au Luxembourg, on est très pudique autour de tout cela… À part la Fondation André Losch, mise en lumière pour l’aide à l’Uni, le sujet est rarement évoqué. Nous, on a envie d’en parler.»

Les sept tabous des dirigeants des entreprises du Luxembourg seront un des thèmes centraux de cette année. (Photo: Mae Sistermann)

Les sept tabous des dirigeants des entreprises du Luxembourg seront un des thèmes centraux de cette année. (Photo: Mae Sistermann)

Les nouveaux membres devront aussi «travailler» autour de ces sept tabous. Des exercices pratiques qui serviront à mieux se connaître.

Évidemment, le grand moment sera aussi la soirée anniversaire à Esch. Sept artistes luxembourgeois se mobiliseront pour créer l’odyssée de la FJD, le résumé de 45 ans d’histoire, qui sera aussi une préface des années à venir, que tous souhaitent plus belles et plus enthousiasmantes encore.