POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

D’ici 2024-2025

Les Européens auront bientôt une identité numérique européenne



La vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a présenté jeudi une solution d’identification européenne pour avoir accès aux mêmes services dans les autres États membres que dans son État membre d’origine. (Photo: Commission européenne)

La vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a présenté jeudi une solution d’identification européenne pour avoir accès aux mêmes services dans les autres États membres que dans son État membre d’origine. (Photo: Commission européenne)

La Commission européenne a présenté jeudi son projet de «portefeuille européen d’identité numérique» qui permettra d’effectuer les mêmes démarches dans les autres États membres que dans son pays d’origine. Reste à mettre les politiques d’accord.

«L’identité numérique européenne nous permettra d’agir dans n’importe quel État membre comme nous le ferions chez nous, sans frais supplémentaires et plus facilement, que ce soit pour louer un appartement ou pour ouvrir un compte bancaire en dehors de notre pays d’origine. Et ce en toute sécurité et transparence. Ce sera donc à nous de décider quelles informations personnelles nous souhaitons partager, avec qui et à quelle fin», a plaidé la vice-présidente de la Commission européenne et commissaire européenne à l’Europe numérique, Margrethe Vestager, jeudi, aux côtés de son collègue au Marché unique, Thierry Breton.

Le portefeuille européen d’identité numérique contiendra le numéro d’identification nationale, un numéro de compte bancaire, les diplômes et toutes les informations que des entités de l’État ou des entités privées qui auront été accréditées par les États voudront mettre dans ce portefeuille. Cela leur permettrait, par exemple, de louer une voiture dans un autre État membre, d’y ouvrir un compte bancaire ou de s’inscrire dans des universités ou écoles de cet État avec plus de facilité.

Les géants du numérique, comme Google, Amazon ou Facebook, seraient tenus d’accepter que ces portefeuilles soient utilisés dans le cadre de leurs prestations de services, indique The Next Web.

Ce projet pourrait générer 9,6 milliards d’euros de revenus supplémentaires pour le bloc et jusqu’à 27.000 nouveaux emplois sur cinq ans.

À condition que les gouvernements aient envie d’accélérer dans ce sens. La Commission a invité les États membres à alimenter une boîte à outils avant même que la proposition ait recueilli un accord politique, lequel n’est pas attendu avant la fin 2022, avant une transposition en droits nationaux qui peut aller jusqu’à deux ans ensuite.

La Commission s’appuie sur le cadre juridique transfrontière existant pour les identités numériques de confiance, l’initiative européenne sur l’identification électronique et les services de confiance (règlement eIDAS), adopté en 2014 et dont profitent aujourd’hui 60% des Européens.

Au cœur des discussions figurera forcément la discussion autour de la sécurité des données.

Cette initiative s’inscrit dans le contexte de la «boussole numérique» pour 2030, qui fixe un cap pour les Européens et qui dit notamment que «d’ici à 2030, tous les services publics clés devraient être disponibles en ligne, tous les citoyens auront accès à leurs dossiers médicaux électroniques et 80% des citoyens devraient utiliser une solution d’identification électronique».

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