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Une étude du LIH publiée à l’international



L’étude Predi-Covid vise à identifier à terme les prédispositions aux complications du Covid-19. (Photo: LIH)

L’étude Predi-Covid vise à identifier à terme les prédispositions aux complications du Covid-19. (Photo: LIH)

L’étude de cohorte Predi-Covid, visant à identifier les facteurs de risque et biomarqueurs associés aux risques de complications du Covid-19, a été publiée ce mardi dans le British Medical Journal Open.

Issue de la rencontre de la médecine personnalisée, secteur dans lequel le Luxembourg finance la recherche depuis plus de 8 ans, et de la pandémie de Covid-19, l’étude de cohorte Predi-Covid se propose de répondre à plusieurs questions cruciales: qui est susceptible de développer une forme sévère de Covid-19? Quels facteurs de risque sont spécifiques à cette maladie? Et quelles prédispositions sont à l’œuvre?

«L’étude vise à identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et sociodémographiques, ainsi que des biomarqueurs spécifiques du virus SARS-CoV-2 et du patient, qui peuvent aider à prédire l’évolution de la maladie chez un individu donné, en fonction notamment de son profil immunitaire», indique le Luxembourg Institute of Health, qui coordonne l’étude, dans un communiqué.

L’équipe de recherche a recruté des patients de plus de 18 ans positifs au SARS-CoV-2 – sachant qu’une autre étude liée inclut les membres du foyer des participants, afin d’étudier la transmission du virus. Le recrutement et la collecte des données et échantillons ont commencé le 5 mai dernier et devraient durer jusqu’en décembre, toutefois une extension jusqu’en juin 2021 est envisagée.

556 participants à l’étude

Le principe: l’évolution de l’état de santé et les symptômes des patients «sont suivis quotidiennement grâce à différents outils numériques à distance, selon que les patients sont à domicile ou à l’hôpital, pendant 14 jours à compter de la confirmation du diagnostic. De courtes évaluations supplémentaires sont également effectuées tous les mois pendant un an, afin d’évaluer les conséquences potentielles à long terme du Covid-19.»

Entre mai et novembre, 1.406 personnes ont été contactées, dont 556 ont accepté de participer à l’étude. 48 autres contribuent à l’étude Predi-Covid-H (entourage des patients positifs). Une biobanque a été mise en place pour étudier la maladie et contient déjà 627 spécimens, à savoir des échantillons de sang, d’expectorations, de selles, de cheveux et des écouvillons. Des enregistrements vocaux ont également été réalisés via l’application CoLive LIH, utilisée par 245 participants, afin d’identifier des biomarqueurs vocaux de symptômes fréquemment observés chez les patients atteints de Covid-19, comme les syndromes respiratoires, la fatigue, l’anxiété ou les émotions négatives liées au Covid-19, qui pourraient ensuite être utilisés pour la surveillance à distance des patients à domicile.

Selon les premières constatations, les symptômes les plus courants à l’admission sont la fièvre (26,2% des participants), la toux (23,3%), l’écoulement nasal (12,2%) et les maux de gorge (10,8%), tandis que les comorbidités et les facteurs de risque les plus courants sont le tabagisme (18,1% des participants), l’asthme (5,4%), le diabète (4,7%), les cardiopathies chroniques (3,6%) et l’obésité (3,3%).

Un consortium de recherche interdisciplinaire

«Nous sommes ravis des résultats obtenus à ce jour. Nous souhaitons encourager toutes les personnes récemment testées positives au Covid-19 à participer à l’étude, car plus le nombre de participants est élevé, plus les résultats finaux seront précis», commente Markus Ollert, directeur du département d’infectiologie et d’immunité du LIH et co-investigateur principal de Predi-Covid. «En outre, nous collaborons maintenant avec le Centre hospitalier de Luxembourg pour envisager l’inclusion de 100 enfants maximum positifs au Covid-19 dans Predi-Covid et jusqu’à 30 enfants de foyers affectés dans Predi-Covid-H.»

«Nous sommes très reconnaissants envers l’inspection sanitaire du ministère de la Santé pour son soutien indéfectible et pour l’excellente collaboration tout au long de l’étude, ce qui est la clé du succès de Predi-Covid», se félicite Guy Fagherazzi du département de santé publique du LIH, co-investigateur principal de Predi-Covid et premier auteur de la publication. «Le protocole a récemment été publié dans une revue internationale renommée et servira de publication princeps à citer pour tous les travaux futurs basés sur les données de Predi-Covid. Jusqu’à présent, neuf projets auxiliaires, financés par le Fonds national de la recherche ou par le programme Horizon 2020 de la Commission européenne, utilisent déjà les données de Predi-Covid.»

Lancée sous l’égide de la task force Covid-19 de Research Luxembourg, l’étude Predi-Covid bénéficie d’un consortium interdisciplinaire d’instituts de recherche luxembourgeois, à savoir le département d’infectiologie et d’immunité du LIH, l’Integrated Biobank of Luxembourg, le Laboratoire national de santé, l'Université du Luxembourg, le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine, le Centre hospitalier de Luxembourg et les Hôpitaux Robert Schuman. L'étude est cofinancée par le Fonds national de la recherche du Luxembourg et par la Fondation André Losch.