PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Soirée IQ-EQ

Les émotions, éléments-clés de la gestion d’actifs



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Professeur Richard Taffler (Warwick Business School). (Photo: Matic Zorman)

Lors de la soirée organisée par IQ-EQ le 4 juillet, le professeur de finance, Richard Taffler, a expliqué comment une meilleure gestion des émotions pouvait améliorer les décisions d’investissement.

«Toute la gestion d’actifs est gouvernée par les émotions», pose Richard Taffler, professeur de finance à la Warwick Business School, lors de son intervention le 4 juillet à la soirée organisée par IQ-EQ . «Si nous comprenons les émotions, nous prenons de meilleures décisions», ajoute-t-il.

Et de questionner le parterre de gérants et de professionnels du secteur financier: «Le calcul et l’analyse aident-ils la prise de décision ou doivent-ils être davantage considérés comme une défense, consciente ou non, contre l’incertitude et l’anxiété?»

Conviction modérée

L’universitaire explique que la finance dite comportementale ou émotionnelle part du principe que plus le gérant ou l’investisseur est conscient de ses émotions, plus il prend de meilleures décisions.

Richard Taffler estime ainsi que les gérants devraient davantage pouvoir parler de ce sujet, pour avoir conscience des effets induits par les émotions, et bénéficier d’un environnement de travail plus propice à l’expression de leurs émotions.

«L’émotion qu’est la conviction constitue par exemple un ingrédient vital du process d’investissement. Vous surmontez l’incertitude par la conviction. Mais une faible comme une trop forte conviction conduit généralement à de moindres performances. Tandis qu’une conviction réaliste amènera par contre à surperformer», précise Richard Taffler.

Problème, selon ce dernier: les gérants d’actifs qui font preuve d’une forte conviction sont (à tort) les plus recherchés par les investisseurs.

Serait-ce une question de genre? Interrogé en marge de son intervention pour savoir si la dominante de personnel masculin dans ce secteur jouait aussi un rôle sur la perception et la gestion des émotions, l’universitaire botte en touche.

Santé psychologique

L’autre impact des émotions sur les investissements consiste dans le fait que les investisseurs sont émotionnellement liés à leurs placements et à leurs gérants, ce qui a également des conséquences sur leur valorisation.

En pratique, Richard Taffler conseille donc de mettre en place des actions permettant d’améliorer la santé psychologique des gestionnaires de fonds, de prendre ces problématiques en compte lors du recrutement des gérants, et de concentrer particulièrement les efforts sur le secteur du private equity, «le domaine le plus émotionnel de la finance». «Les émotions ont un prix», a-t-il conclu.

De quoi inspirer IQ-EQ qui a changé de nom en mars , justement pour y intégrer le facteur émotionnel.