ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Croissance de 16% en 2018

EDF, premier gros succès de Luxtrust en France



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La croissance de Luxtrust s’accélère, a indiqué son CEO, Pascal Rogiest, à l’occasion de la présentation des résultats annuels de 2018. (Photo: Paperjam)

Luxtrust a présenté ce mardi matin son bilan pour 2018, qui fait ressortir une croissance à deux chiffres (16%), un bénéfice en million (1,1) et un nouveau gros client confidentiel, EDF, après la Commission européenne.

RGPD, PSD2, pertes de données à répétition: tout est fait pour que Luxtrust connaisse succès après succès avec ses solutions d’identification qui semblent «normales» au Luxembourg. 700.000 utilisateurs disposent de leur petit token ou utilisent l’application de Luxtrust.

Pas étonnant, dès lors, que le prestataire de services de confiance qualifié annonce un chiffre d’affaires en hausse de 16% par rapport à 2017. La croissance, plus élevée que ces dernières années, amène le chiffre d’affaires à 12,4 millions d’euros pour un bénéfice de 1,1 million d’euros.

Dans le bilan, l’impact du partenariat avec les Italiens d’Infocert ne se voit pas encore puisque l’opération annoncée en octobre dernier n’a été finalisée qu’en décembre. Mais les 50% pris par la filiale du groupe italien Tinexta pour 12 millions d’euros ont «donné un élan international» à la petite société luxembourgeoise, a dit son CEO, Pascal Rogiest , ce mardi matin.

Signature électronique à la rentrée

À la rentrée de septembre, tout utilisateur de Luxtrust pourra signer des documents électroniquement et cela aura la même valeur qu’une signature manuscrite. Les seules exceptions sont les actes notariés, qui continueront d’avoir recours à la signature à la main.

Mettons qu’un client veuille signer un contrat d’assurance. Pour l’instant, l’agent d’assurance envoie un contrat papier ou numérique et demande à son client de lui renvoyer un exemplaire imprimé et signé. Dorénavant, l’utilisateur pourra le signer numériquement sans l’imprimer, puis le renvoyer à l’assureur.

Un gain de temps et d’argent qui a aussi amené la société à intégrer cette nouvelle solution depuis mi-mai dans une plate-forme, Cosi, comme «corporate signing», qui réunit toutes les solutions de Luxtrust dans un seul environnement. La Bil, Post, le Laboratoire national de santé et la Société Générale ont déjà dit oui à cette plate-forme, comme une dizaine d’autres clients.

Luxtrust Paris pour cet été

«Luxtrust annonce aujourd’hui avoir remporté l’appel d’offres d’un grand nom du secteur de l’énergie en France», dit le CEO de Luxtrust, sans pouvoir aller plus loin, compte tenu de ses obligations contractuelles. Il n’est pourtant nul besoin d’être devin pour comprendre qu’il s’agit d’EDF. Ce qui est une belle prise puisque la société luxembourgeoise était la seule société étrangère à répondre à l’appel d’offres.

Pour démontrer la faisabilité de ses prévisions, Luxtrust s’est entourée des conseils de PwC et opèrera les données de l’électricien français depuis son propre data center chez EBRC. Au moins au début.

Cet été, après Bruxelles, Luxtrust ouvrira une filiale en France et un bureau à Paris, où seront installées deux personnes directement et une troisième dans la foulée.

Démonstration d’IDKeep en Corée du Sud

La semaine prochaine, à l’occasion de la mission officielle en Corée du Sud, du 15 au 18 juillet, Luxtrust fera une démonstration de son nouveau produit, IDKeep, plate-forme de gestion des données personnelles basée sur la Cambridge Blockchain. Son avantage: permettre à chacun de diffuser la ou les donnée(s) qu’il veut avec qui il veut dans un usage précis.

Dans un groupe qui veut être le numéro 1 européen, fort de huit bureaux en Europe et un en Amérique latine, avec 500 employés, un chiffre d’affaires à 90 millions d’euros pour une croissance annuelle de 14,4%, Luxtrust a toujours sa carte à jouer. La croissance luxembourgeoise, de plus de 20% depuis le début de l’année, devrait permettre d’atteindre 14 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.

Le représentant italien d’Infocert, arrivé juste avant la conférence de presse et reparti avant le dessert, était très satisfait des résultats. En octobre, les Italiens avaient mis une option pour un montant allant jusqu’à 4 millions d’euros d’investissement supplémentaires. Ce chiffre est en discussion en ce moment, mais le CEO et son conseil d’administration ( Stéphane Ries , deputy CEO; Fabrice Aresu, directeur commercial; Walter Boulain, directeur financier et Anne Reuland, directrice des affaires juridiques et légales) sont confiants.