POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Report de trafic

Feu vert à l’écotaxe alsacienne qui menace l’A3



12.000 poids lourds en moyenne circulent chaque jour entre Metz et Luxembourg. Sans doute plus encore en 2024. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/archives)

12.000 poids lourds en moyenne circulent chaque jour entre Metz et Luxembourg. Sans doute plus encore en 2024. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/archives)

Le Sénat français a donné son accord pour que la communauté territoriale alsacienne applique une écotaxe sur les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, à partir de 2024. De quoi faire craindre un report de trafic vers la très encombrée A31, mais aussi l’A3 luxembourgeoise.

Il faudra encore l’approbation de l’Assemblée nationale, mais la communauté de territoire alsacienne, née de la fusion des deux départements alsaciens, se félicité d’avoir déjà obtenu l’accord du Sénat pour instaurer une écotaxe sur les camions de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur son autoroute A35. La mesure pourrait entrer en vigueur en 2024.

Et ne plaît guère en Lorraine, territoire appartenant aussi à la région Grand Est, où on craint un report de trafic vers l’A31, que l’on sait déjà effroyablement encombrée. La même crainte que celle qui était nourrie en Alsace suite à la mise en place de la LKW-Maut, l’écotaxe allemande. Des craintes partagées au Luxembourg, puisque l’A31 française conduit vers l’A3 luxembourgeoise, qui connaîtra au début de l’année les premiers coups de pioche d’un chantier d’élargissement. Chaque jour, le tronçon Metz-Luxembourg est parcouru par 12.000 camions, qui seront sans doute rejoints par quelques milliers d’autres, une fois l’écotaxe appliquée en Alsace.

Plusieurs sénateurs lorrains souhaitaient un amendement au projet, permettant d’appliquer la même écotaxe en Lorraine, au même moment. Ils n’ont pas été entendus. Ils n’ont pas été les seuls.

L’idée d’une écotaxe n’est pas nouvelle. Lancée en 1999 par Lionel Jospin pour compenser le passage aux 25 heures, elle avait été invalidée par le Conseil constitutionnel. Relancée après le Grenelle de l’environnement de Nicolas Sarkozy en 2007, elle avait été une nouvelle fois abandonnée, en 2014, par Ségolène Royal, face aux manifestations et dégradations en tout genre, alors que la société Écomouv’ avait commencé à s’installer sur l’ancienne base aérienne de Metz-Frescaty pour la collecter au nom de l’État.