POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Distinctions honorifiques

1.700 décorés lors de la Fête nationale



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L’attribution des distinctions demeure une prérogative du Grand-Duc. (Photo: Patricia Pitsch /Maison Moderne Publishing SA/archives)

La Fête nationale sera aussi l’occasion de la Promotion générale au sein des ordres nationaux pour 1.700 personnes. Des distinctions honorifiques encore très prisées, même si 2 à 3% les refusent pour différentes raisons.

Les distinctions honorifiques ne sont pas passées de mode, loin de là. L’an passé, 3.500 personnes ont été décorées. «Cette année, elles sont 1.700», indique Jean-Claude Muller, conseiller au Service des ordres nationaux. «Une reconnaissance qui s’appelle la Promotion générale à l’occasion de la Fête nationale. C’est en réalité le seul moment de l’année où des distinctions honorifiques sont remises.»

Il existe cependant quelques exceptions. Ainsi, le Grand-Duc honore chaque année quelques ambassadeurs qui lui signifient leur congé. Les ministres de l’Économie ou de la Défense peuvent aussi en faire de même à l’égard de certains officiers, industriels ou grands acteurs de l’économie.

Des médailles de service sont aussi remises au sein de la police, de l’armée ou des effectifs des agents pénitentiaires. Mais ce n’est plus le Service des ordres nationaux qui est compétent dans ce cas, car la distinction n’est plus simplement honorifique, mais aussi liée à une prime financière.

Deux distinctions et cinq rangs de hiérarchie

Au Luxembourg, on compte deux distinctions honorifiques: l’ordre de Mérite du Grand-Duché de Luxembourg et l’ordre de la Couronne de chêne. Chacun compte une hiérarchie dite «de rang»: chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix.

L’arrêté grand-ducal du 16 juillet 2016 réglant l’attribution des distinctions établit cette hiérarchie, en ordre croissant:

– Médaille en bronze de l’ordre de la Couronne de chêne

– Médaille en argent de l’ordre de la Couronne de chêne

– Médaille en vermeil de l’ordre de Mérite

– Médaille en vermeil de l’ordre de la Couronne de chêne

– Chevalier de l’ordre de Mérite

– Chevalier de l’ordre de la Couronne de chêne

– Officier de l’ordre de Mérite

– Officier de l’ordre de la Couronne de chêne

– Commandeur de l’ordre de Mérite

– Commandeur de l’ordre de la Couronne de chêne

– Grand officier de l’ordre de Mérite

– Grand officier de l’ordre de la Couronne de chêne

– Grand-croix de l’ordre de Mérite

– Grand-croix de l’ordre de la Couronne de chêne.

«L’ordre de la Couronne de chêne, fondé en 1841, est le plus prestigieux. L’ordre de Mérite est beaucoup plus récent, datant de 1961. Dans chaque promotion, on compte en moyenne un tiers d’ordre de Mérite et deux tiers d’ordre de la Couronne de chêne», explique encore Jean-Claude Muller.

Des timbres édités en 2017 ont mis à l'honneur les médailles. (Visuel: Post)

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Des timbres édités en 2017 ont mis à l'honneur les médailles. (Visuel: Post)

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Des timbres édités en 2017 ont mis à l'honneur les médailles. (Visuel: Post)

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Avoir au moins 45 ans et 25 années de service

Qui peut-être ainsi honoré? Tout le monde, Luxembourgeois ou étranger, à la condition d’avoir 45 ans au moins et de compter déjà 25 années de service. Les distinctions sont en effet destinées, dans leur immense majorité, aux employés et ouvriers, «un peu comme les montres en or remises par le passé dans les entreprises».

La candidature à la médaille se fait sur proposition. Ainsi, les différents ministères remettent une fois par an une liste de candidats pour les différents rangs et ordres, après vérification, au ministre d’État. Le Service des ordres nationaux contrôle, pour sa part, la conformité de la demande par rapport à la législation. La décision finale d’attribution revient au Grand-Duc, avec le contreseing du Premier ministre .

«Au fil de sa carrière, il peut donc y avoir une progression de rang», note encore Jean-Claude Muller. Qui fait remarquer que les centenaires reçoivent automatiquement l’ordre de Mérite, sans attendre la Fête nationale.

Enfin, il faut savoir que si on peut être distingué, on peut aussi être déshonoré. Les distinctions des deux ordres peuvent être retirées en cas de condamnation pour crime ou à une peine d’au moins un an de prison ferme.

2 à 3% de refus

Au Luxembourg, ces mises à l’honneur continuent d’être appréciées. «On les observe même de près. Je pense que chacun aime bien savoir quelle décoration a été reçue par son voisin. Néanmoins, il y a aussi des refus. 2 à 3% des distingués potentiels n’en veulent pas. C’est le cas souvent de la part de fonctionnaires, qui estiment ne pas devoir être honorés parce qu’ils font tout simplement leur travail.»

«Et parfois des enseignants n’en veulent pas non plus car ils sont fâchés contre leur ministre de tutelle. La loi prévoit en tout cas que l’accord de chaque personne soit demandé. Et nous les prévenons aussi qu’un refus empêchera toute distinction par la suite, même s’ils ont changé d’avis ou qu’un autre ministre est au gouvernement», conclut Jean-Claude Muller.

Enfin, si vous avez retrouvé dans un tiroir la médaille de l’ordre d’un de vos parents décédés, sachez qu’elle n’a rien à y faire. Après le décès, les insignes doivent en théorie être renvoyés au ministère d’État. De même, si on progresse en rang au sein de la hiérarchie.