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PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Dans un monde dominé par la gestion passive, pourquoi suivre une approche active?



Si vous privilégiez la gestion active, voici quelques aspects à prendre en compte pour ne pas vous tromper à l’heure de choisir votre interlocuteur. (Photo: Capital Group)

Si vous privilégiez la gestion active, voici quelques aspects à prendre en compte pour ne pas vous tromper à l’heure de choisir votre interlocuteur. (Photo: Capital Group)

«Entre gestion active et passive, ce qui fait une véritable différence, c’est de rester longtemps investi pour permettre aux résultats de se démultiplier. Le choix du moment où l’on investit est secondaire», explique Martyn Hole, directeur d’investissement actions chez Capital Group. Si vous privilégiez la gestion active, voici quelques aspects à prendre en compte pour ne pas vous tromper au moment de choisir votre interlocuteur. 

Le duel gestion active vs gestion passive

Souvent, les investisseurs optent pour la gestion passive (ou indicielle), car ils sont déçus par les résultats obtenus par la gestion active, ce qui est particulièrement vrai pour le marché américain. Les marchés d’actions sont des écosystèmes relativement performants dans lesquels une multitude d’individus brillants s’efforcent de sélectionner les titres prometteurs et de déterminer les sociétés auxquelles il faut s’exposer. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas qu’il soit difficile d’enregistrer des résultats supérieurs après imputation des frais de gestion, ceux appliqués par les gérants actifs étant relativement dissuasifs pour certains profils d’investisseurs.

Si l’on en croit les résultats procurés par certains acteurs du secteur des fonds de placement, le recours à la gestion active peut ne pas se justifier. La preuve, aux États-Unis, le gérant actif moyen sous-performe. Mais c’est logique: si l’on additionne le résultat généré par toutes les positions de tous les fonds de placement américains, on obtient une performance équivalente à celle du marché, qui devient naturellement inférieure une fois que l’on a appliqué les frais de gestion. Il y a bien sûr des différences d’un gérant à l’autre, mais sachant que ce secteur détient à lui seul la majorité des actions, on peut dire qu’il représente le marché. Un gérant actif «lambda» exposé au marché US va probablement sous-performer, alors que son exposition aux marchés d’Europe, du Japon ou aux marchés émergents pourrait lui permettre de surperformer. En cause: une recherche «buy side» ou «sell side» limitée, voire inexistante, sur de nombreuses sociétés, ce qui peut procurer un alpha additionnel.

Plutôt que d’énumérer les avantages et les inconvénients de chaque approche, au travers de nos recherches, nous avons identifié plusieurs aspects que les investisseurs ont intérêt à vérifier au moment de choisir une société de gestion active en mesure de tenir ses engagements:

Est-ce que les gérants investissent une part importante de leurs avoirs personnels dans les fonds qu’ils gèrent? Les frais sont-ils accessibles? Les positions sont-elles conservées sur le long terme? Les gérants sont-ils en poste depuis de nombreuses années? La rémunération des gérants est-elle liée à leurs résultats d’investissement à long terme? La société de gestion est-elle détenue par ses employés?  

Ce que signifie être un gérant actif 

Si 55% des décisions d’investissement qu’il prend portent leurs fruits, alors un gérant actif a toutes les chances d’enregistrer de bons résultats au fil du temps. Prenez l’exemple de Microsoft. La recherche «sell side» menée il y a dix ans a révélé un ralentissement – voire un recul – de la croissance du chiffre d’affaires généré par son système d’exploitation Windows, et tout le monde s’est alors demandé comment le célèbre éditeur de logiciels allait compenser cette perte d’activité. Les gérants passifs, qui se sont contentés de répliquer l’indice, sont passés à côté de l’évolution fondamentale vers la technologie (alors nouvelle) du cloud, qui a permis à Microsoft de surperformer largement par la suite. Les gérants actifs ont quant à eux su identifier ce type de changements et en tirer parti. La méconnaissance des facteurs impactant la rentabilité d’une entreprise peut être une source d’opportunité majeure pour les gérants actifs, tandis qu’un investisseur passif sera exposé malgré lui aux fluctuations à la hausse comme à la baisse des actions qu’il possède. De la même manière, Amazon investit massivement et régulièrement dans des projets de capital-risque. Si la plupart n’aboutissent pas, il arrive de temps à autre qu’un projet soit un succès. Ainsi, malgré la défiance initiale de nombreux investisseurs, les services cloud proposés par Microsoft et Amazon font largement recette aujourd’hui. C’est dans la capacité à reconnaître ces opportunités que réside la valeur ajoutée du gérant actif.

Les atouts de la gestion active

La recherche confère une longueur d’avance au gérant actif. Par exemple, en excluant les deux ou trois dernières années, cela fait maintenant trente ans que le marché japonais est orienté à la baisse. Or, la recherche sur ce marché est minimale: les sociétés japonaises de grande capitalisation ne sont couvertes que par 15-20 analystes «sell side», tandis que les plus petites capitalisations ne sont quasiment pas suivies (qu’il s’agisse d’analystes «buy side» ou «sell side»). Voilà qui, pour les gérants actifs disposés à se donner les moyens d’aller plus loin, offre un sérieux vivier d’inefficiences à exploiter. Sur les marchés non américains, la recherche limitée et l’absence de couverture «sell side» peuvent ainsi offrir de réelles opportunités.

Par définition, un investisseur passif est contraint de répliquer un indice et risque d’en devenir captif. En effet, lorsque les marchés s’attendent à ce qu’une société rejoigne un indice, le cours boursier de cette dernière se met généralement à monter. Mais à partir du moment où elle en fait partie, son cours a tendance à redescendre. Le problème, c’est que la plupart des gérants passifs achètent ces sociétés à la date où la société est ajoutée à l’indice. Le cas de l’éditeur sud-africain de logiciels Dimension Data en pleine bulle Internet (en 2000) illustre parfaitement ce phénomène. La veille de son intégration au FTSE 100, son action clôturait à 6,69£. Le jour J, un vendredi, elle était montée à 10£. Et le lundi suivant, elle était retombée à 6,68£. Ceux qui s’y sont investis via un fonds indiciel ont perdu, car ils ont acheté au plus haut. De la même manière, Tesla a considérablement surperformé avant d’intégrer le S&P 500 en décembre 2020, et sous-performe depuis lors. Un autre aspect à prendre compte avec la gestion passive est qu’elle investit dans les plus grandes valeurs. Or, ce n’est pas parce qu’une entreprise est largement représentée dans un indice qu’elle sera un investissement rentable. 

Malgré l’approche exclusivement active de Capital Group, nous comprenons et respectons l’opinion de certains investisseurs, selon lesquels il est judicieux de panacher les deux styles de gestion pour toutes les raisons exposées plus haut. Mais surtout, lorsqu’un gérant actif ne génère pas les résultats attendus – ce qui est inévitable, y compris pour les meilleurs –, il est important de ne pas succomber à la tentation de reprendre ses billes, et encore moins au mauvais moment (la seule raison pouvant justifier une telle décision serait par exemple un changement fondamental au sein de la société de gestion). Entre gestion active et passive, ce qui fait une véritable différence, c’est de rester longtemps investi pour permettre aux résultats de se démultiplier. Le choix du moment où l’on investit est secondaire.

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