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Analyse de prospectus

La CSSF fait appel à l’intelligence artificielle



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Stéphane Pallage (Uni), Claude Marx (CSSF) et Björn Ottersten (SnT) ont signé une convention-cadre de recherche pour trois ans. (Photo: CSSF)

La CSSF et le SnT ont signé une convention-cadre, jeudi 24 octobre, pour appliquer l’intelligence artificielle à l’analyse des prospectus dans le secteur des fonds d’investissement. Un projet de recherche lancé pour trois ans.

Pour faire le lien entre protection des investisseurs et rapidité d’action vis-à-vis des professionnels des fonds d’investissement, la Commission de surveillance du secteur financier a fait le choix de recourir à l’intelligence artificielle. Ce jeudi 24 octobre, son directeur général, Claude Marx, a signé un accord-cadre de partenariat avec le SnT, qui va dans ce sens. La collaboration avec le Centre for Security, Reliability and Trust (SnT) – intégré à l’Université de Luxembourg – vise à recourir à des technologies innovantes pour analyser de manière plus rapide les nombreux prospectus que le gendarme financier doit traiter.

Une très forte standardisation

«Depuis le lancement des fonds Ucits, en 1988, nous avons traité plus de 40.000 prospectus liés aux fonds d’investissement», calcule Claude Marx. «Avec le constat que 95% des informations contenues dans ces documents sont standardisées.»

Pour mieux comprendre, on pourrait comparer ces documents avec les contrats de bail ou d’achat d’une voiture qui contiennent parfois des dizaines de pages que personne ne lit. Sauf que la CSSF ne peut pas se permettre de ne pas lire...

Cet accord de trois ans avec le SnT rentre dans le cadre de la stratégie CSSF 4.0, qui prévoit notamment de recourir davantage aux technologies pour assurer une meilleure surveillance en temps réel. «Cet accord nous offre une formidable opportunité de tirer parti de notre expertise en intelligence artificielle pour soutenir la stratégie d’innovation de notre partenaire», insiste Björn Ottersten, directeur du SnT.

Concrètement, le défi pour les chercheurs du SnT sera de mettre au point des techniques avancées de traitement du langage commun et d’apprentissage automatique, afin de «traduire» le contenu de la documentation en data que les machines pourront lire et examiner pour en vérifier la conformité et la cohérence, ainsi que le caractère intégral des données.

Nous disposons de la masse critique pour mener des projets de recherche dans ce domaine.
Pierre Gramegna

Pierre Gramegna,  Ministre des Finances

Actuellement, cette activité occupe quelque 300 personnes à la CSSF. «En tant qu’organisme public, notre objectif n’est pas de couper dans l’emploi mais d’orienter notre personnel vers des activités qui délivrent plus de valeur. Le secteur des fonds ne devrait faire que croître au Luxembourg dans les prochaines années», note Claude Marx.

Pour le ministre des Finances, Pierre Gramegna, présent lors de la signature de cette convention, cet accord «est une belle opportunité de transmettre les résultats de la recherche universitaire vers l’économie réelle. En tant que deuxième centre mondial des fonds d’investissement, nous disposons de la masse critique pour mener des projets de recherche dans ce domaine.»