LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être

Salarié confiné

«La crise est aussi source de bonnes choses»



Les enseignants ont dû s’adapter en un temps record à une situation inédite. (Photo: Marie-Pierre Masoin)

Les enseignants ont dû s’adapter en un temps record à une situation inédite. (Photo: Marie-Pierre Masoin)

Chargée de cours à l’École européenne de Mamer, Marie-Pierre Masoin a dû revoir sa manière de travailler avec ses élèves et de collaborer avec ses collègues. Un exercice d’équilibriste.

Les congés de Pâques sont là, et plutôt bienvenus après une période difficile vécue dans les écoles. Qui n’est sans doute pas finie. Mais Marie-Pierre Masoin, comme pour nombre de ses collègues, ne va pas «déconnecter totalement».

«Je veux en effet rester disponible pour les élèves. Certains parents n’ont pas nécessairement eu le temps de tout faire au cours des dernières semaines et vont remédier à cela maintenant. Si des questions se posent, il faut pouvoir y répondre. Et puis je vais préparer les semaines à venir. Car il y a tout de même des chances que les mesures soient prolongées.»

Il a fallu s’adapter tout de suite

Des mesures qui ont demandé aux enseignants de s’adapter tout de suite. Marie-Pierre est employée à temps partiel à l’École européenne de Mamer depuis 2008. «Je donne des cours de support à des enfants qui ont soit des difficultés d’apprentissage, soit des difficultés linguistiques. Quand la décision de fermer l’école a été prise, il a fallu aller très vite. Personne n’était vraiment prêt, et les informations ne sont arrivées qu’au compte-gouttes», dit-elle.

Il a donc fallu revoir les méthodes de travail. «On travaille par équipe. Avec mon ordinateur personnel, j’ai des contacts et des réunions régulières avec mes collègues. On utilise différents outils. La collaboration est vraiment bonne entre nous tous, ainsi qu’avec la direction de l’école. Le travail se fait aussi comme cela avec les enfants, via des partages de fichiers par exemple.»

La charge de travail a du coup été accrue. «Je pense qu’elle a doublé. Par exemple, je dois voir avec mes collègues quelle sera la matière vue durant la semaine, puis préparer les exercices, les envoyer et les faire avec les enfants, corriger, avant de retourner vers mes collègues pour leur faire un bilan. Il faut être très attentif aux enfants, veiller à bien raccrocher ce qu’on leur demande à la matière...»

Des échanges différents et des liens qui se nouent

Pour Marie-Pierre, les effets de la crise seront néanmoins limités «si cela ne dure quand même pas trop. Ce sont les cas des plus petits qui présentent des troubles qui seront les plus problématiques dans cette hypothèse.»

Mais cette période «est aussi source de certaines bonnes choses. C’est une autre façon de voir les choses. Il y a des échanges différents qui se font, des liens qui se nouent.»

Et puis, la vie de famille a aussi été chamboulée. «Mes enfants sont aussi à la maison», conclut Marie-Pierre. «Par moment, je dois demander le silence à tout le monde, ou bien mon mari doit prendre le relais. On doit aussi adapter ses horaires. Oui, ce sont tout de même de grands changements pour tout le monde.»