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Pandémie

Un compromis trouvé sur le chômage partiel



Selon le ministre du Travail, Dan Kersch, 7.000 demandes de chômage partiel ont été effectuées, alors que 15.000 entreprises ont dû fermer leurs portes. Des chiffres qui sont amenés à augmenter encore. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Selon le ministre du Travail, Dan Kersch, 7.000 demandes de chômage partiel ont été effectuées, alors que 15.000 entreprises ont dû fermer leurs portes. Des chiffres qui sont amenés à augmenter encore. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Les syndicats OGBL et LCGB ont trouvé un accord avec le gouvernement concernant le chômage partiel, avec l’aval de l’UEL. Une décision économique qui est aussi une mesure sociale dans le contexte de la crise générée par la pandémie de Covid-19, selon le ministre du Travail, Dan Kersch.

Le système normal prévoyait 80% du salaire de base pour les personnes au chômage partiel. Les syndicats, dans ce contexte de crise lié à la pandémie de coronavirus, réclamaient 100%. Un compromis a finalement été trouvé entre l’OGBL, le LCGB et le gouvernement, avec l’accord de l’UEL, a annoncé, vendredi, le ministre du Travail, Dan Kersch .

Cet accord prévoit que, si les employeurs ont recours au régime du chômage partiel, l’indemnité de compensation, qui correspond en principe à 80% du salaire normal de référence plafonné à 250% du salaire social minimum pour salariés non qualifiés, ne peut être inférieure au montant du salaire social minimum pour salariés non qualifiés.

«Au-delà des aspects économiques, c’est aussi une mesure sociale dans le contexte de la crise: personne n’aura moins de 2.142,94 euros et plus de 5.363,48 euros», précise Dan Kersch. Et le ministre de préciser que «les sociétés qui ont des employés au chômage partiel ne peuvent pas licencier ces personnes».

À propos des indépendants, «les salariés des indépendants peuvent profiter du chômage partiel», informe Dan Kersch. «L’indépendant lui-même, non. La loi ne mentionne que les salariés.»

7.000 demandes de chômage partiel ont été effectuées, alors que 15.000 entreprises ont dû fermer leurs portes. «Ces chiffres vont continuer à augmenter», prévient Dan Kersch.

Afin d’accélérer et de faciliter le traitement des demandes de chômage partiel pour cas de force majeure liée à la crise du Covid-19, un nouveau système automatisé a été mis en place. Le formulaire pour introduire les demandes est disponible sur le site guichet.lu . Cette demande devra être renouvelée chaque mois.

Le congé pour raison familiale aménagé

Le ministre du Travail a précisé quelques autres points: le congé pour raison familiale, s’il est maintenu, est réduit. À partir de lundi, les personnes au chômage partiel ne pourront plus en bénéficier. Et pour les personnes qui en bénéficient actuellement, il sera nécessaire de réintroduire une demande via un nouveau formulaire. Un nouveau critère permettra quant à lui de faire bénéficier de cette mesure les parents ayant un enfant handicapé âgé de 13 à 18 ans.

En outre, les personnes au chômage verront leurs droits automatiquement reconduits, ceux-ci n’ayant pas la possibilité de trouver un nouvel emploi. Cette mesure s’applique aussi aux formations, qui, si elles sont interrompues, n’entraînent pas la cessation des droits au chômage.

L’augmentation de la durée de travail préoccupe l’OGBL

D’autre part, une mesure «difficile à accepter par les syndicats», reconnaît Dan Kersch, est celle de l’augmentation de la durée de travail, de 40 à 60h pour la semaine et de 10 à 12h pour la journée. Dans un communiqué de vendredi dernier, l’OGBL se dit en effet «préoccupé» par cette dérogation prévue au niveau du temps de travail. Le syndicat souligne que «le gouvernement passe outre les conventions collectives en vigueur et les droits de cogestion des délégations du personnel qui, en réalité, auraient permis à eux seuls de prévoir de telles dérogations ponctuelles et exceptionnelles.»

«Nous apportons la garantie que nous ne le faisons pas sans réflexion et que cette mesure ne concerne que certains secteurs essentiels», assure le ministre. 14 secteurs sont concernés, allant des opticiens au commerce alimentaire, en passant par les transports, les stations-service et le domaine médico-sanitaire. En outre, l’application de cette mesure se limitera à la durée de l’état de crise, assure le gouvernement.