ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Entre coronavirus et chantier du tram

Comme un air de braderie



Dans la ville haute, les clients sont au rendez-vous de cet événement incontournable à Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Dans la ville haute, les clients sont au rendez-vous de cet événement incontournable à Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Loin de la grande foule des précédentes éditions, la 91e Braderie de Luxembourg-ville a tout de même fait le plein de visiteurs dans un contexte inédit de crise sanitaire.

Masqués, mais en quête de bonnes affaires, les chalands se sont donné rendez-vous ce lundi pour la traditionnelle Braderie de la capitale. «Nous venons préparer la rentrée et faire quelques achats, surtout pour les vêtements», explique ce lundi matin Danièle, maman de trois enfants qui ont le sourire derrière leur masque: ils dénichent quelques livres dans la librairie Ernster qui propose une vente au kilo des ouvrages.

Coronavirus oblige, la vente d’aliments était limitée au «food village» du Knuedler avec sept stands différents. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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«Il n’y a pas l’ambiance comme d’habitude», note Danièle, avant de poursuivre sa promenade. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Chez Ernster, les livres étaient vendus au kilo. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Dans la ville haute, l’affluence est au rendez-vous. Tout le monde porte bien son masque et les barrières Nadar arborent les consignes sanitaires, comme une piqûre de rappel pour les chalands et les commerçants.

«Il y a un peu moins de monde, mais les gens achètent différemment maintenant. Au lieu de venir cinq fois, ils ont tendance à venir une seule fois, mais à acheter plus», observe Anna, vendeuse à la boutique Tara Jarmon située dans la rue des Capucins. Elle diffuse de la musique sous les tentes où sont exposées les robes et blouses vendues à prix bradé. Une manière de rappeler aux plus nostalgiques l’atmosphère des précédentes éditions.

Une braderie, mais pas forcément de stands

«Il y a moins de gens parce qu’il y a moins d’animations: les politiciens et les associations ne sont pas là», constate Gaby, esthéticienne installée rue Philippe II.

«Samedi était plutôt bon. Dimanche était correct, mais un petit peu plus calme. On va voir aujourd’hui», résume Anne Darin-Jaulin, directrice de l’ UCVL . Et si les rues commerçantes sont parfois un petit peu clairsemées, c’est aussi parce que les stands ne sont pas forcément de la partie. «Certains commerçants préfèrent laisser les articles bradés à l’intérieur de leur magasin pour mieux gérer le respect des normes sanitaires», dit la responsable.

Sur le Knuedler, sept stands seulement composent le «food village». Le calme règne en cette fin de matinée «mais on s’y attendait», confie une vendeuse de la confiserie Namur. La météo laisse peu de chance à la vente des glaces, le public peut néanmoins se rabattre sur les gaufres chaudes.

Sur les coups de midi, les gourmands font leur apparition, mais leur choix reste limité: la Braderie n’est ouverte qu’aux commerçants établis dans la capitale. «Cela enverra plus de gens dans les restaurants locaux», assure Anne Darin-Jaulin.

Les normes sanitaires semblent plutôt bien respectées et sont bien rappelées par les commerçants. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Pour Anne Darin-Jaulin, le nombre restreint de stands de vente de restauration peut générer davantage de passage chez les restaurateurs. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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L’affluence est moins marquée dans l’avenue de la Gare, ouverte au trafic des bus et marquée par une série de commerces fermés. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Certains commerçants s’adaptent au contexte et proposent des masques à la vente.  (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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La météo invite davantage à la consommation de gaufres qu’à celle de glaces. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Dans le quartier de la gare, le bruit des engins de chantier remplace celui des musiques festives et autres animations. L’affluence est clairement moins forte que dans le centre-ville, mais entre le chantier du tram et la multiplication des cellules commerciales vides, la situation semble plus délicate.

«La Braderie, ça n’a rien à voir avec l’année dernière», observe un vendeur installé dans l’avenue de la Gare. À côté des traditionnels blue-jeans, la boutique Kat K de l’avenue de la Liberté propose une gamme de masques, tant à usage unique que réutilisables. «La seule bonne chose qu’on a, c’est qu’il ne pleut pas», dit le commerçant.

Un seul commerçant propose de la nourriture en vente dans la rue Origer, les autres préfèrent accueillir les visiteurs directement dans leur magasin. Cette Braderie n’est résolument pas comme les autres, mais dans l’ensemble, les chalands sont tout de même au rendez-vous. «On s’accroche et on espère que ça ira mieux», conclut une vendeuse.