POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Éditorial

La cohésion comme antidote



Thierry Raizer, rédacteur en chef du magazine Paperjam. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Thierry Raizer, rédacteur en chef du magazine Paperjam. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’ambiance des fêtes de fin d’année tranche avec le climat ambiant de crainte et de violence auquel le pays n’était pas habitué. 2022 marquera-t-elle le retour du «modèle luxembourgeois» autour d’une forme de cohésion nationale?

Guirlandes lumineuses. Publicité pour les produits de saison. Marchés de Noël. Cadeaux sous le sapin. Les apparences seraient presque trompeuses en cette fin d’année marquée par une violence inédite sur les réseaux sociaux et dans la rue, comme l’ont montré les actes stupides de certains manifestants descendus dans les rues de la capitale, les 4 et 11 décembre derniers, pour protester contre des mesures prétendument liberticides décidées par les élus pour freiner la propagation du Covid-19.

Alors que la crise bat toujours son plein sur plusieurs fronts – sanitaire, politique, économique, social et désormais sécuritaire –, l’ambiance des fêtes de fin d’année nous rappelle qu’une majorité, silencieuse celle-là, a choisi de continuer de vivre de façon apaisée, différemment, en s’adaptant, sans angélisme. Mais vivre tout de même.

L’esprit d’entreprendre résiste au virus

Presque deux ans après le début de cette crise que personne ou presque n’avait voulu voir venir, les symptômes inquiétants de l’évolution du monde et de l’humanité n’ont jamais été aussi nombreux. Moins bruyantes, les actualités positives et les signes d’espoir n’ont pourtant pas disparu, loin de là. À commencer par le dévouement du personnel soignant à qui il reviendra d’accorder – lorsque la crise sera retombée – une réflexion sur l’organisation des hôpitaux et des moyens qui leur seront accordés dans un monde post-Covid. L’énergie dont continue à faire preuve «l’écosystème business» est aussi notable. La pandémie n’est venue à bout ni de l’esprit d’entreprendre de tous les patrons, ni «d’intraprendre» en pensant aux nombreux employé(e)s qui s’investissent humblement pour permettre à leur entreprise de faire face aux difficultés du moment. Et lorsque des étudiant(e)s ou des start-upper trouvent au Luxembourg un terreau favorable à leur projet international, on peut y voir le signe de l’importance de préserver le modèle luxembourgeois, sans pour autant verser dans la béatitude ou une vision immuable.

Des défis en guise d’étrennes

 Un Grand-Duché qui doit s’outiller à la hauteur des problématiques actuelles tout en préservant, voire en amplifiant, ses forces de consensus politique, d’ouverture, de pragmatisme, de compétitivité, d’exploration de nouvelles opportunités économiques afin de pérenniser un État social fort, indispensable pour affronter les prochaines crises.

Car 2022 apportera son lot d’étrennes: des défis à court, moyen et long terme. Or, sans la cohésion d’une communauté de résidents et de frontaliers qui ne cessera de s’élargir, le «miracle luxembourgeois» risquerait de patiner. Citoyens et élus, Luxembourgeois et étrangers, employés et fonctionnaires… Chacun devra continuer à apporter, à sa façon, une pierre – taillée par les valeurs démocratiques et progressistes – à un pays qui reste envié en dehors de ses frontières.

Schéi Chrëschtdeeg an ee gudde Rutsch an d’Neit Joer!

Cet éditorial a été rédigé pour l’ édition magazine de Paperjam du mois de janvier 2022  parue le 16 décembre 2021. Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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