POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Young leaders (4/10)

Christian Welter, du véganisme à la politique



Entre les AG et les ordres du jour à préparer, «il y a beaucoup à faire», juge Christian Welter à propos de son poste de conseiller communal dans la commune de Pétange.  (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Entre les AG et les ordres du jour à préparer, «il y a beaucoup à faire», juge Christian Welter à propos de son poste de conseiller communal dans la commune de Pétange.  (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Conseiller communal du Piratepartei à Pétange, Christian Welter, 22 ans, est aussi président des Jonk Piraten. Vegan, il milite en parallèle pour la protection des animaux au sein de Sea Shepherd. Son profil intègre notre série consacrée aux «Young Leaders» en politique, ces élus de la nouvelle génération qui occupent une place à différents échelons et que Paperjam présente tout au long d’un «été pas comme les autres».

Conseiller communal de la ville de Pétange, président des Jonk Piraten, militant au sein de l’association Sea Shepherd, tout en menant en parallèle ses études en communication et médias: Christian Welter, à 22 ans, multiplie les casquettes.

Tout a commencé quatre ans plus tôt, après le visionnage de deux documentaires – «Sharkwater» de Rob Stewart et «The Cove» de Louie Psihoyos – sur la maltraitance animale. «C’était tellement émouvant, j’ai vraiment pleuré», avoue Christian Welter. Un «déclic» qui le conduit à devenir vegan.

Un choix éthique et politique

Un choix non seulement éthique, mais aussi politique, selon lui: une alimentation excluant la viande permettrait moins de gaspillage en termes de production et de nourrir beaucoup plus de monde. S’il assure ne pas être prosélyte et comprendre les non-vegan, Christian Welter souhaiterait cependant provoquer une «prise de conscience par rapport aux animaux et à l’environnement» et un vrai «tournant à 180°», un «changement des habitudes», et pour cause: «L’humain détruit son propre habitat et il s’en fiche», constate-t-il.

«Il existe des alternatives, et changer ses habitudes n’est pas si difficile», assure-t-il. Selon lui, les premiers mois surtout réclament un effort. «Six mois avant de devenir vegan, je ne pensais pas pouvoir le faire», se rappelle-t-il. «Puis je me suis renseigné, j’ai essayé pendant une semaine, puis je me suis fixé un an, et désormais c’est définitif.»

Militant chez Sea Shepherd

En 2017, Christian Welter multiplie les investissements: tout d’abord au sein de Sea Shepherd, où il milite dans la rue pour expliquer aux gens l’action de l’ONG et récolter des donations, puis lors de campagnes, notamment en Italie, pour effectuer des patrouilles dans des zones maritimes protégées.

Actif sur Facebook où il partage ses opinions, il se fait repérer et contacter par différents partis. Indécis entre s’investir chez Déi Gréng, Déi Lénk ou le Piratepartei, il finit par choisir ce dernier, «un bon compromis», estime-t-il. Surtout, il connaît le député Marc Goergen , aussi conseiller communal à Pétange, qui lui propose de participer aux élections locales et facilite son intégration au sein du parti.

Bus tout électrique, panneaux solaires sur les arrêts de bus ou les infrastructures communales, Christian Welter est séduit par le programme du Piratepartei et son approche «moderne sur l’environnement». En outre, «en tant que vegan, je les trouve très tolérants», constate-t-il. «De plus, ils se positionnent contre l’élevage intensif.»

«Je voudrais faire plus»

Le Piratepartei obtient deux sièges à Pétange aux élections de 2017. Christian Welter est quatrième. Il bénéficie cependant du désistement du deuxième et du troisième de la liste, et entre ainsi au conseil communal. Il travaille au sein de deux commissions, celle de l’environnement et celle de la jeunesse. Entre les AG et les ordres du jour à préparer, «il y a beaucoup à faire», juge-t-il. «Cela prend beaucoup de temps.» En outre, le premier dimanche de chaque mois, il participe à des «plogging», ces rassemblements citoyens organisés pour ramasser les déchets dans la rue.

«Je voudrais faire plus, m’inscrire à d’autres associations de défense des animaux, mais je fais déjà beaucoup», estime-t-il. «J’ai dû faire le tri.» Il ne se voit néanmoins pas freiner son investissement politique. «Quand on a un poste, on veut avoir davantage, on se fixe des objectifs plus élevés, qui sont parfois difficiles à réaliser.» En ligne de mire, un poste d’échevin au niveau local. Et bien sûr, comme «rêve», un siège de député. «On ne fait pas tout ça pour rien!»