POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Santé au travail

Le chômage partiel possible en cas de canicule



250647.jpg

Les métiers du bâtiment et de l’artisanat sont notamment concernés par les mesures de prévention à prendre lors de cette vague de chaleur. (Photo: Shutterstock)

S’il n’existe pas de température maximale pour limiter le temps de travail, les employeurs ont toutefois des obligations à respecter en cas de fortes chaleurs. Et peuvent demander à recourir au chômage partiel.

Le Luxembourg doit connaître un pic de chaleur ce mercredi. Alors que le plan canicule a été enclenché  dans certaines écoles du pays , les entreprises doivent, elles, faire face à ce phénomène climatique.

Pour prévenir les risques liés au travail sous de fortes températures, l’Inspection du travail et des mines (ITM) a publié, mardi, ses recommandations. Pour les travaux réalisés à l’extérieur, «l’employeur doit approvisionner les travailleurs occupant des postes de travail en eau potable, tempérée», explique-t-elle. Il faut réduire les postes de travail nécessitant une action physique soutenue et prolongée à proximité ou au contact de tôles, de surfaces bétonnées ou goudronnées, en plein soleil.

Les horaires du travail en extérieur aménagés

Les métiers du bâtiment et de l’artisanat sont notamment concernés, comme le confirme Frank Lentz, directeur des affaires juridiques à la Fédération des artisans. «Nous avons informé nos membres qu’ils sont responsables, dans cette situation, de la santé de leurs salariés, et c’est à eux de juger les travaux qu’il faut reporter ou modifier, car il n’y a pas, dans le Code du travail luxembourgeois, une température maximale qui limiterait le temps de travail.»

Une aide mécanique peut par exemple être prévue pour les travaux pénibles, tels que la manutention. «Cela dépend du secteur d’activité, mais il faut aménager des pauses, limiter les charges physiques, maintenir une température ambiante supportable et veiller à renouveler l’air dans les bureaux.»

Si le travail «devient dangereux»

Les horaires de travail peuvent alors être aménagés. «Les entreprises qui travaillent en extérieur évitent souvent les travaux de 11h à 15h», ajoute Frank Lentz. «Il faut également limiter le travail isolé pour prévenir les malaises des salariés.»

En cas de chaleur exceptionnelle, comme celle que connaît actuellement le Luxembourg, «et si l’accomplissement du travail devient dangereux tel qu’il risque de compromettre la santé ou la sécurité des salariés», le Code du travail permet aux entreprises concernées de faire une demande auprès du ministre du Travail pour pouvoir bénéficier des dispositions relatives au chômage intempéries. Les démarches sont disponibles sur la plate-forme interactive de l’État, MyGuichet.lu .

Le travail de bureau aussi concerné

Les salariés travaillant dans des bureaux sont également concernés par les mesures de prévention. La température ambiante, surtout dans les locaux fermés, doit être surveillée. L’ITM rappelle que les employeurs doivent installer, dans un local réservé et ventilé, les appareils dégageant de la chaleur, calorifuger des parois ou des canalisations chaudes, et capter des émissions de chaleur ou de vapeur chaude.

Ils doivent également «mettre à la disposition du personnel des moyens utiles pour lutter contre la chaleur (ventilateurs d’appoint…), de l’eau potable, en quantité suffisante, tempérée (10 ou 15°C), et installer sur les lieux de travail des aires climatisées».