COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

AGNIESZKA ZAJAC (MANAGING PARTNER)

«C’est la compétence qui doit faire la différence»



Agnieszka Zajac: «C’est la compétence qui doit faire la différence, peu importe si elle est représentée par un homme ou une femme.» (Photo: Odgers Berndtson Luxembourg)

Agnieszka Zajac: «C’est la compétence qui doit faire la différence, peu importe si elle est représentée par un homme ou une femme.» (Photo: Odgers Berndtson Luxembourg)

En amont de l’événement 10x6 Women on board organisé par le Paperjam Club le jeudi 27 février 2020 à l’Athénée, l’un des Gold sponsors, Agnieszka Zajac (Odgers Berndtson), partage sa vision du sujet.

Quelles ont été les raisons d’associer votre image à cet événement?

Agnieszka Zajac. - «Odgers Berndtson Luxembourg fait partie d’un réseau global qui existe depuis 50 ans. Actuellement, nous avons 62 bureaux ouverts dans 30 pays. En tant que chasseurs de têtes, nous intervenons sur des missions de recrutement de cadres dirigeants et d’administrateurs, mais aussi en tant que conseillers pour des projets plus larges et liés à une transformation opérationnelle. 

Peu importe la provenance de nos clients, la question de la diversité est devenue un enjeu majeur pour tous les secteurs. Le sujet est donc très largement soulevé aussi bien dans nos recrutements, mais surtout dans notre activité de conseil auprès des Boards, qui constitue d’ailleurs une part de plus en plus importante du chiffre d’affaires mondial d’Odgers. 

Si cette activité est en forte explosion dans des pays comme le Canada, les États-Unis, l’Australie ou le Danemark, le Luxembourg commence progressivement à y voir une nécessité.

Associer l’image de notre groupe à cet évènement constituait une évidence pour nous. En effet, les questions de la diversité, de la parité et de la durabilité tout comme une approche intègre et orientée vers des résultats long terme font parties des valeurs fondamentales que nous défendons. 

Et constituent également des piliers de notre stratégie de développement sur le marché local. 

Quelles sont pour vous les étapes clés à instaurer afin de développer la parité au sein du Grand-Duché?

«C’est une question importante. Le changement de pratiques et de mentalités nécessite beaucoup de temps, mais aussi des efforts ciblés et réguliers de la part de tous les acteurs. 

L’échange de bonnes pratiques, de même que la promotion des ambassadeurs de la parité sur le marché reste primordiale pour continuer à éveiller la curiosité et pousser à faire différemment. Il faut aussi communiquer sur les résultats tangibles de cette approche.

Nous sommes constamment à la recherche d’un meilleur chiffre d’affaires ou d’une augmentation de la productivité. Plus nous montrerons que la parité amène du profit aux sociétés et aux marchés, plus nous réussirons dans le changement des mentalités. Même si ceci n’est pas une science, c’est un long processus de transformation qui s’opère à tous les niveaux organisationnels et sociétaux. 

Cependant, je refuse personnellement la parité qui impose des quotas au sein des entreprises ou qui se traduit finalement par une forme de discrimination positive. 

Nous ne pouvons certainement pas réduire la valeur ajoutée qu’une personne amène au sein d’une structure par le simple fait de son genre. Bien sûr, l’approche femme/homme change la donne, car nous sommes tout simplement différents dans la manière de percevoir les choses. 

Néanmoins, la question primordiale qui doit être posée doit être celle de la compétence en soi.

C’est la compétence qui doit faire la différence, peu importe si elle est représentée par un homme ou une femme. 

Étant donné que nous sommes dans un marché où la question de l’éducation des femmes ne se pose pas — il suffit de regarder le niveau d’études des femmes au Luxembourg — je suis confiante que la promotion par la compétence se fera tout naturellement. Et donnera un avantage concurrentiel indéniable à notre pays.

Qu’attendez-vous de cet événement?

«L’échange d’idées et de pratiques, je crois. Et beaucoup d’ouverture et de courage. Nous sommes dans un pays assez conservateur et toujours très confortable, avec le PIB le plus élevé d’Europe et une certaine sécurité, car tout fonctionne. Alors, pourquoi se remettre en question et changer les choses? 

La question de la diversité est certes abordée dans les Boards et les Comités Executives, mais procédons-nous toujours à une sélection par la compétence? Les plans de succession sont quasi-absents au Luxembourg, l’évaluation des Boards se fait très rarement et avec des outils peu complets et peu souvent indépendants. Elle est aussi fréquemment mal perçue par les Boards…

Je pense que ce genre d’évènement devrait nous apporter à tous un certain éveil et nous pouvons certainement agir en amont des questions de diversité et de parité. À mon sens, c’est une évolution de la société toute entière qui est en train de s’opérer. Si nous appliquons une approche de gestion de causes, et non de conséquences, nous donnerons aux femmes la possibilité d’être actrices du changement.»