COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Management

Patrizia Luchetta (Foundry Luxembourg)

«N’ayez pas peur de vous tromper»



Patrizia Luchetta: «Une femme n’est pas jugée selon les mêmes critères qu’un homme.» (Photo: Foundry Luxembourg)

Patrizia Luchetta: «Une femme n’est pas jugée selon les mêmes critères qu’un homme.» (Photo: Foundry Luxembourg)

Dans le cadre du 10×6 Women on board organisé par le Paperjam Club le jeudi 27 février, l’une des oratrices, Patrizia Luchetta (Foundry Luxembourg), partage ses réflexions autour de la place des femmes dans les conseils d’administration.

Quel a été votre parcours pour devenir administratrice? Avez-vous rencontré des difficultés pour atteindre cette fonction? Lesquelles?

Patrizia Luchetta . – «D’une certaine façon, j’ai eu la chance de pouvoir faire mes premières armes en tant qu’administratrice dans le cadre de mes fonctions au sein du ministère de l’Économie pour lequel j’ai siégé aux conseils de la Banque et caisse d’épargne de l’État, d’Enovos et de l’Integrated Biobank of Luxembourg (IBBL).

Mon mandat au sein de l’IBBL a été particulièrement instructif, car pendant la 1re année d’existence de cette infrastructure, le conseil a été à plusieurs égards un conseil ‘opérationnel’. Depuis mon retour dans le privé, j’ai eu d’autres mandats, mais je dois avouer que ce n’est pas chose aisée. Il y a des réseaux qui sont difficiles à pénétrer. C’est pourquoi, personnellement, je n’hésite pas à proposer d’autres femmes compétentes quand l’opportunité se présente.

Selon vous, quelles sont les raisons qui expliquent le sous-effectif de femmes dans les conseils d’administration?

«Je dirais qu’une des raisons principales réside dans les critères selon lesquels les administrateurs sont habituellement choisis. Et d’ailleurs cela ne s’applique pas uniquement aux femmes. Si on regarde le profil type des administrateurs masculins, on constatera qu’il s’agit d’une population finalement fortement homogène.

Dans son fameux livre ‘Lean in’, Sheryl Sandberg recommandait aux femmes d’avoir le courage de ‘demander’, d’adopter un comportement masculin.
Patrizia Luchetta

Patrizia Luchetta,  Foundry Luxembourg

Un article paru en avril dernier dans L’Opinion révèle qu’aux États-Unis, les conseils d’administration demeurent la chasse gardée des hommes plus âgés, surtout des hommes blancs: seulement 10% des administrateurs du Russell 3000 sont âgés de 50 ans ou moins, tandis qu’environ un cinquième a plus de 70 ans. Du coup ça coince pour tous les autres, qu’ils soient hommes ou femmes, aux États-Unis comme ailleurs.

Avez-vous des conseils à donner aux femmes qui aimeraient rejoindre un conseil d’administration?

«Dans son fameux livre ‘Lean in’, Sheryl Sandberg recommandait aux femmes d’avoir le courage de ‘demander’, d’adopter un comportement masculin. Mais s’il est vrai qu’il est difficile d’obtenir quelque chose sans le demander, il est tout aussi vrai – et de nombreuses études l’ont démontré – qu’une femme n’est pas jugée selon les mêmes critères qu’un homme.

Cela vaut pour le conseil d’administration, pour les fondatrices d’entreprises, pour celles qui briguent des postes à responsabilité.Il y a un ‘gender bias’ qu’il faut prendre en compte. Et il y a pourtant un travail de sensibilisation de base à faire et qui passe par des initiatives comme Equilibre.

Je dirais donc, impliquez-vous dans des initiatives qui promeuvent en général l’équité de genres. Soyez visibles. N’ayez pas peur de vous tromper. Et soignez vos réseaux!»

Les inscriptions au 10×6 Women on board sont ouvertes   sur le site du Paperjam Club .