PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Série - Le Brexit au quotidien (2)

Brexit: IQ-EQ mise sur l’information des clients



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Justin Partington, group head of funds de IQ-EQ, explique comment le groupe sensibilise ses clients au Brexit. (Photo: IQ-EQ )

IQ-EQ (ex-SGG) a beaucoup investi dans l’information de ses clients à l’approche du Brexit. Objectif: leur permettre d’assurer au mieux la continuité de leur activité.

De nombreux métiers du groupe spécialisé dans les services aux investisseurs IQ-EQ (ex-SGG) sont impactés par le Brexit. Les problèmes concernent avant tout les métiers qui nécessitent un passeport.

Le cœur du métier de IQ-EQ: les services aux investisseurs. Les conseils relatifs au Brexit en font donc partie.

Les clients de IQ-EQ étant lourdement impactés par le Brexit, le groupe doit être à même de leur délivrer des informations précises pour les aider à poursuivre leur activité, en particulier dans le cas d’un Brexit sans accord.

Efforts sur l’information

«Nous continuerons bien sûr à opérer en Europe, bien qu’il y ait encore des incertitudes quant à la capacité de nos clients britanniques à commercialiser leurs fonds dans la région», déclare Justin Partington, group head of funds de IQ-EQ.

Dans la dernière ligne droite, le groupe a donc concentré ses efforts sur l’information de ses clients. Parmi ces derniers, des fonds d’investissement, des sociétés internationales, des «family offices» ou des clients privés, qui opèrent dans le monde entier.

«Les principales questions de nos clients concernent les relations entre les régulateurs britanniques et luxembourgeois. Les accords de coopération qui ont été négociés pour permettre la continuité de l’activité sont un point crucial pour eux», note Justin Partington.

IQ-EQ a ainsi lancé plusieurs événements (webinaires, tables rondes, débats) pour informer ses clients, en particulier les gérants alternatifs.

Organisation de débats

«Nous avons organisé des séminaires et des réunions avec nos clients pour leur poser des questions sur leurs problèmes et leur fournir des feedbacks et des solutions», déclare Justin Partington. Avant d’ajouter: «Nous avons organisé un débat sur le Brexit à Londres en janvier entre Roger Bootle (économiste britannique) et Gina Miller (femme d’affaires britannique opposée au Brexit) qui a stimulé la réflexion et fourni une bonne évaluation de l’impact du Brexit sur le marché financier britannique.»

Le groupe a également réalisé une newsletter dédiée au Brexit et une section de son site web y est aussi consacrée pour fournir aux clients des mises à jour régulières sur le sujet.

«Le Brexit a un impact sur nos clients, qui n’y sont pas toujours bien préparés. Ceux qui entrent actuellement sur le marché de la levée de fonds sont dans une situation encore plus complexe. Nous avons l’expertise nécessaire pour les aider à gérer les process sans problème», remarque Justin Partington.

Accès aux investisseurs

Les points de blocage concernent avant tout les clients du groupe qui utilisaient jusque-là le système de passeport européen, et ceux qui pratiquent la délégation de gestion à des conseillers britanniques. De plus, les gérants britanniques de fonds alternatifs vont rencontrer des problèmes d’accès aux investisseurs européens après un «no deal»; la réciproque est également vraie pour les gérants européens.

IQ-EQ conseille entre autres aux Britanniques d’établir une succursale dans un État membre de l’UE ou de déléguer leurs actes à une société tierce. Les fonds européens pourront, eux, utiliser le régime de permission temporaire (ou TPR) mis en place par la FCA (Financial Conduct Authority) britannique pour accéder aux investisseurs britanniques.

«Le Brexit nous donne plus d’activité, car ceux de nos clients qui ont délocalisé leurs fonds en dehors du Royaume-Uni ont besoin de démontrer leur substance dans le pays où leurs fonds sont domiciliés», explique Justin Partington.

Problèmes RH

Le groupe anticipe par ailleurs des difficultés supplémentaires pour gérer le flux quotidien des affaires. «En interne, en cas de ‘no deal’, les questions de ressources humaines seront importantes: par exemple, la gestion des déplacements, la prise en compte de la résidence des salariés britanniques, et tout ce qui concerne les échanges quotidiens entre les équipes européennes et britanniques. Mais nous sommes persuadés que les perturbations seront minimes, quel que soit le scenario», précise Justin Partington.

Sachant que IQ-EQ dispose d’une douzaine d’implantations en Europe: au Royaume-Uni (Londres, Belfast), en Irlande (Dublin, Shannon), à Jersey, à Guernesey, à l’île de Man, à Amsterdam, à Bruxelles, à Paris et au Luxembourg (Munsbach, Luxembourg-ville).