POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

François Benoy (député Déi Gréng)

«Le bio est notre futur»



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Pour François Benoy, les politiques de tous bords vont devoir vite s’entendre sur les cadres nécessaires au sol, aux forêts ou au bio, pour répondre aux enjeux environnementaux. (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne / Archives)

Quelques heures après l’adoption, à Genève, des conclusions du rapport du Giec sur l’utilisation des sols, le député Déi Gréng François Benoy a appelé les autres partis politiques à appuyer les différents plans d’action qui seront à la une de l’actualité luxembourgeoise très bientôt.

«La manière dont nous utilisons nos terres, au Luxembourg, peut soit endiguer, soit accélérer le changement climatique. Le nouveau rapport du Giec réitère cette connexion. La protection de nos paysages et de la nature, de nos forêts et de nos sols, revêt donc une importance fondamentale et doit être systématiquement appliquée. Une agriculture plus durable joue ici un rôle central.

Étant donné que l’agriculture biologique permet d’économiser beaucoup plus de ressources que l’agriculture conventionnelle, la bonne voie doit maintenant être choisie pour une agriculture biologique à 20% d’ici à 2025. Un nouveau plan ‘bio action’ doté des ressources nécessaires pour atteindre nos objectifs est la prochaine étape cruciale.»

Dans un communiqué commun avec la députée européenne verte Tilly Metz , François Benoy s’intéresse spécifiquement à la déclinaison luxembourgeoise du rapport du Giec, adopté jeudi matin à Genève . Quelques heures plus tard, par téléphone, le député vert détaille les enjeux à venir pour le Luxembourg.

Parler n’est plus suffisant. Tous les partis doivent soutenir les initiatives prises par le gouvernement.

François Benoy,  député Déi Gréng

«Parler n’est plus suffisant.» Avec bienveillance, le député insiste. «Tous les partis doivent soutenir les initiatives qui sont prises par le gouvernement sur ces sujets. C’est ce qui a changé. Avant, les Verts étaient un peu seuls sur ces sujets. Aujourd’hui, tout le monde en parle. Maintenant, il faut de l’action!»

L’action, au Luxembourg, ce sont différents plans qui arrivent sur le devant de la scène. Avant la fin de l’année, le plan d’action «Climat» doit doper les ambitions luxembourgeoises.

Il s’agit de diminuer de 50% les émissions de CO2 en 2030 par rapport à 2005, «dans la ligne de l’accord de Paris», dit-il. «Dans ce plan d'action, il y aura une roadmap, comme elle avait été envisagée dans l’accord de coalition. Le Luxembourg est un petit pays, et il va falloir agir partout en même temps. Notamment sur le transport, qui reste le sujet épineux!»

Mais puisqu’il s’agit aujourd’hui de parler des sols et de leur lien avec la préservation de l’environnement et des ambitions alimentaires, le député cite aussi le plan ‘bio action’.

188 euros de bio par an et par habitant

Il rappelle qu’avec 188 euros par an et par habitant, le résident luxembourgeois se place en quatrième position des consommateurs de bio en Europe. «Seulement, pour l’instant, on ne produit que 4% de bio, et nous voulons porter ce total à 20% en 2025. Avec des produits luxembourgeois et plus, comme aujourd’hui, largement importés de l’extérieur.

Il faut que nous fassions plus d’efforts, comme le Danemark par exemple qui investit proportionnellement dix fois plus avec son plan d'action bio, que ceux que nous faisons aujourd’hui. Cela a des effets positifs sur tous les sujets! Le bio est notre futur! L’État doit prendre sa part, notamment en défendant le bio dans les cantines.»

Au cours du débat d’orientation sur l’agriculture biologique à la Chambre des députés, il avait notamment cité le Danemark, qui s'était donné comme objectif de faire passer la part du bio dans les cantines passe à 60% d’ici 2020, à travers un plan global de 19 millions d’euros par an.

Plus d’îlots verts urbains

Il y a un an, les projets de lois «sols» et «forêts» ont aussi été déposés, et les avis du Conseil d’État sont attendus pour la rentrée ou l’automne. «Cela aura pris du temps, mais ces lois sont complexes, et c’est normal qu’on les évalue correctement. Les textes en vigueur datent du siècle dernier et ne sont plus adaptés. Or, nos forêts jouent un rôle fondamental dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Sur les sols, nous aurons du travail sur la question de leur assainissement», dit encore François Benoy.

Autre plan sur lequel travailler: les îlots de nature, surtout en milieu urbain. «Nous avons un plan sectoriel ‘paysage’ qui pose le cadre. Mais on voit émerger la notion de qualité de vie. Y compris en milieu urbain, où il faudra avoir plus d’îlots de nature dans les communes, plus de verdure. On le voit quand il fait chaud, comme cet été!»