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Les perspectives d’investissement 2021 selon Pictet

L’année du phénix



2021 pourrait être l’année de la renaissance pour des secteurs et des valeurs malmenées par la pandémie. (Photo: Shutterstock)

2021 pourrait être l’année de la renaissance pour des secteurs et des valeurs malmenées par la pandémie. (Photo: Shutterstock)

Après une année de contraction économique, 2021 s’annonce comme l’«année du phénix» pour Pictet, qui table sur un fort rebond du PIB mondial et des bénéfices des entreprises, alimenté par la commercialisation de vaccins contre le Covid-19 et des mesures de relance substantielles.

Ce constat général posé, six thèmes vont structurer l’année à venir.

Le premier d’entre eux est la transition écologique. Les économistes de chez Pictet parlent d’un «plan Marshall» de la transition écologique. Les sociétés cycliques liées aux infrastructures, et notamment celles qui satisfont les critères environnementaux, devraient profiter d’un nouvel élan en 2021 sur fond de reconstruction des économies après la crise du Covid-19.

«Comme le montrent les plans de relance budgétaire massifs annoncés en Allemagne et dans toute l’Europe, nous nous dirigeons vers une version ‘verte’ du plan Marshall.» La donne semble être la même outre-Atlantique, où beaucoup d’espoirs sont placés dans l’administration Biden «qui nourrit elle aussi de grandes ambitions en matière de transformation énergétique, de développement durable et d’énergies propres».

La mégatendance en faveur d’une économie mondiale plus durable et plus respectueuse de l’environnement est donc plus puissante que jamais. Conséquence: «les actifs qui répondent largement aux critères de l’investissement responsable continuent ainsi d’offrir un grand potentiel d’investissement».

Jouer la demande refoulée

La reprise attendue sera portée sur la demande «refoulée» en 2020. Cela devrait profiter aux secteurs liés à la consommation et à d’autres segments cycliques particulièrement malmenés durant la pandémie. Dans cette optique, Pictet cible tout particulièrement les sociétés de qualité dont le bilan a pu supporter la crise; les valeurs en lien avec la technologie qui bénéficient d’une croissance structurelle; ainsi que les petites capitalisations qui ont beaucoup souffert ces dernières années et qui présentent un fort potentiel de rattrapage.

Autre source potentielle de performance: les fusions-acquisitions. «Des coûts de financement extrêmement bas et l’amélioration des perspectives économiques constituent deux facteurs particulièrement propices aux fusions-acquisitions», note Pictet. Quelles soient offensives ou défensives.

Autre revenant: les marchés émergents. Ceux-ci devraient profiter d’un apaisement prévisible des tensions commerciales internationales, d’un fléchissement du dollar, d’une hausse des cours des matières premières et d’initiatives locales telles que le Partenariat régional économique global en Asie. Une conjonction de facteurs porteurs pour tous les actifs émergents, y compris la dette.

Le retour des actifs émergents

À l’inverse, le taux des obligations souveraines des grands pays développés restera bas. Les banques centrales de ces pays continueront à prévenir une hausse excessive des taux à long terme qui menacerait la reprise. S’il existe des pressions à la hausse, les perspectives de rendements restent négatives. Remettant encore un peu plus en cause le rôle traditionnel de valeur refuge de ces obligations.

Cet état de fait pourrait profiter aux actifs monétaires pris comme alternative aux obligations pour absorber les chocs et diversifier les portefeuilles. Si le dollar devait continuer à se déprécier, selon Pictet, certaines monnaies cycliques et émergentes devraient tirer leur épingle du jeu. Généralement sous-évaluées, elles pourraient renouer avec des niveaux de valorisation que l’on n’a plus vus depuis 2008. Mais il faudra être sélectif face au risque pays. «Notre préférence va aux monnaies de pays dotés de balances courantes robustes et d’abondantes réserves de change.»