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Bilan

Après 30 ans, Pictet Luxembourg ne change rien



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Pierre Etienne , administrateur délégué de Pictet & Cie (Europe), a confiance dans le modèle développé par la banque pour l’avenir. (Photo: Matic Zorman/Archives Maison Moderne)

La banque suisse Pictet fête 30 années de présence au Luxembourg. Le modèle est désormais bien rodé et devrait se maintenir tel quel dans les années à venir.

Basée à Genève depuis sa fondation en 1805, la banque Pictet & Cie dresse le bilan de trois décennies de présence au Luxembourg. Un anniversaire sans grande démonstration, mais qui n’empêche pas l’administrateur délégué de la structure luxembourgeoise, Pierre Etienne , de parler d’«une magnifique épopée européenne».

Pictet s’est installée au Luxembourg en 1989, un an après le lancement des Ucits luxembourgeois, pour couvrir le marché de l’Union européenne. Lancée avec cinq collaborateurs rue Jean-Pierre Brasseur, la banque compte aujourd’hui 640 collaborateurs au Luxembourg, répartis entre ses bureaux du Kirchberg et une seconde implantation à Belval.

Elle contrôle aussi six succursales étrangères à Londres, Paris, Madrid, Francfort, Turin et Hong Kong. Au total, elle gère donc 900 collaborateurs sur les 4.500 que compte le groupe.

Effectifs nets en hausse

«Nous avons développé trois métiers», précise Pierre Étienne. «L’administration de fonds, la banque privée et les services aux fonds. Et tous connaissent toujours des croissances importantes.»

Il y a trois ans, Pictet a également localisé au Luxembourg une nouvelle structure, Pictet Technologies, qui développe des solutions informatiques exclusivement pour les besoins des entités du groupe.  Elle emploie 110 collaborateurs  et est encore à la recherche d’une trentaine de nouveaux profils.

«Nous continuons aussi à recruter dans la banque. En 2018, nous avons effectué 60 recrutements nets et, pour 2019, nous sommes déjà 50 collaborateurs de plus», poursuit l’administrateur délégué.

Contrôlé par sept associés disposant d’un mandat de 20 ans, le groupe suisse mise sur le long terme et n’a jamais évolué que grâce à la croissance organique. Et visiblement, ce n’est pas près de changer.

Notre modèle est très clair et nous n’en sortirons pas.
Pierre Etienne

Pierre Etienne,  administrateur délégué,  Pictet & Cie (Europe)

Dans un proche avenir, Pictet & Cie Europe, deuxième entité du groupe, n’entend pas non plus faire bouger le curseur. «Notre modèle est très clair et nous n’en sortirons pas», insiste Pierre Etienne.

La solidité de la banque, il l’explique par les activités qu’elle n’a pas développées: le trading, la spéculation, l’arbitrage, le crédit, l’«investment banking»… «Nous prenons moins de risques, et la crise financière de 2008 nous a d’ailleurs permis d’acquérir pas mal de nouveaux clients», observe l’administrateur délégué qui dirige la société luxembourgeoise depuis neuf ans mais y travaille depuis 17 ans.

Revenus en légère baisse

Pour l’exercice en cours, la banque prévoit cependant une légère diminution de ses revenus – l’estimation est de 438 millions contre 459 millions en 2018 –, liée à une réduction des marges dans un contexte de taux bas et une augmentation des coûts suite à des investissements liés à l’informatique et aux réglementations. «Rien d’inquiétant», selon Pierre Etienne, qui dit «voir l’avenir avec beaucoup d’optimisme».

Pictet & Cie en chiffres

Actifs sous administration: 260 milliards d’euros

Dépôts: 200 milliards d’euros

Actifs sous gestion en banque privée: 45 milliards d’euros

Revenus 2018: 458 millions d’euros

Résultat d’exploitation 2018: 325 millions