POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Première semaine du master

Les 12 futurs entrepreneurs de l’espace ont atterri



Une Russe, une Chinoise, un Brésilien: Gary Martin, un des conseillers spéciaux du ministre, salue les douze étudiants un par un. (Photo: Paperjam)

Une Russe, une Chinoise, un Brésilien: Gary Martin, un des conseillers spéciaux du ministre, salue les douze étudiants un par un. (Photo: Paperjam)

La première promotion du master interdisciplinaire de l’espace, voulu par le ministre de l’Économie Étienne Schneider pour former les ingénieurs de l’espace dont auront besoin les sociétés au Luxembourg, a entamé sa formation de deux ans. Ambiance.

Au campus du Kirchberg, vendredi soir, ils arrivent par petites grappes, pas vraiment rassurés, vaguement perdus devant les installations. Les douze premiers étudiants du master interdisciplinaire de l’espace apprennent à se connaître.

Pour l’heure, ils n’ont en commun que d’être parvenus à franchir les difficultés administratives pour intégrer la promotion. Sur 120 candidats, les autres ont dû abandonner, faute de pouvoir prouver leurs diplômes dans des pays qui ne le permettent pas forcément facilement, faute d’obtenir un visa dans la fenêtre prévue par les responsables de la formation, ou faute d’avoir réuni les 8.000 euros, soit 2.000 euros par semestre.

Ce soir-là, ils ne sont pas seuls. Outre Tonie Van Dam, la vice-rectrice de l’Université en charge des programmes stratégiques, un des conseillers spéciaux du ministre de l’Économie, Gary Martin, leur tend la main, un par un. L’Américain a l’habitude de ce genre de rentrée, il a lui-même dirigé un programme similaire au Nasa Ames, le centre de formation de la Nasa en Californie.

Après les discours d’introduction et la visite du laboratoire lunaire, les étudiants ont commencé à apprendre à se connaître autour d’un verre. (Photo: Paperjam)

Après les discours d’introduction et la visite du laboratoire lunaire, les étudiants ont commencé à apprendre à se connaître autour d’un verre. (Photo: Paperjam)

Les grandes ou moins grandes sociétés de l’espace, comme SES, ont dépêché des représentants. L’ambiance est bon enfant. Sans chichi. Dans une grande salle de cours, la directrice du master Tonie Van Dam, le représentant de l’Agence spatiale luxembourgeoise Bob Lamboray, et l’organisateur du futur Space Hackathon venu du Technoport Olivier Zéphir, plantent le décor de ce que sera cette formation.

Mécanique, éthique, loi, business: un master à 360 degrés

Quatre semestres, dont le dernier pour écrire et défendre une thèse, devront donner à ces ingénieurs hyperspécialisés et élites de leurs formations respectives une panoplie d’outils, de la loi au business plan en passant par l’éthique et toutes les thématiques de l’espace, pour en faire «au pire» des salariés de l’industrie spatiale en plein boom en Californie et au Luxembourg, et «au mieux» des entrepreneurs de l’espace.

Et si le ministre dessine un univers globalisé, certains de ces étudiants ont appris la réalité du terrain, puisqu'ils n’ont pas été autorisés à aller voir la SES en raison de leur nationalité, qu’ils soient russes, iraniens ou chinois.

Tonie Van Dam, vice-rectrice en charge des projets stratégiques et directrice du master interdisciplinaire de l’espace. (Photo: Paperjam)

Tonie Van Dam, vice-rectrice en charge des projets stratégiques et directrice du master interdisciplinaire de l’espace. (Photo: Paperjam)

«Ça fait partie de la réalité à laquelle ils seront confrontés en permanence. C’est comme ça», relativise Mme Van Dam, au four et au moulin pour «ses» étudiants.

Un nouveau bac à sable d’iSpace

Une fois la photo de famille prise, tout le monde descend dans le laboratoire lunaire, au sous-sol. La salle, noire, sent encore la peinture.

Surtout, elle abrite un nouveau bac à sable d’iSpace. Des tonnes de sable, de trois millimètres au lieu d’un – chiffre qui parle aux ingénieurs. Devant le rover à quatre roues que la société japonaise du quartier européen luxembourgeois veut envoyer sur la Lune en 2023, les étudiants poussent un «oh» d’admiration et sortent leur smartphone pour immortaliser l’instant.

Le rover d’iSpace, dans le tout nouveau laboratoire lunaire de l’Université du Luxembourg. (Photo: Paperjam)

Le rover d’iSpace, dans le tout nouveau laboratoire lunaire de l’Université du Luxembourg. (Photo: Paperjam)

Ce sont eux qui devront tout étudier, à partir de plus de 400 points de contrôle, dans cette salle qui ressemble à celle que la start-up a construite chez Paul Wurth, presque en face de la gare. Les questions et les explications deviennent techniques. Et traduisent la volonté, déjà, d’en découdre. Les discussions continueront toute la soirée, autour d’un barbecue.