PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fintech

Sserubiri Uhuru (CEO d’eMaisha Pay)

«10 ans pour que la technologie change l’Afrique»



Sserubiri Uhuru et eMaisha Pay ont été mis à l’honneur à Dubaï à l’issue du programme «Catapult: Inclusion Africa». (Photo: Paperjam)

Sserubiri Uhuru et eMaisha Pay ont été mis à l’honneur à Dubaï à l’issue du programme «Catapult: Inclusion Africa». (Photo: Paperjam)

C’est la start-up ougandaise eMaisha Pay qui est la lauréate du programme 2022 «Catapult: Inclusion Africa», notamment porté par la Lhoft. Elle permet aux entrepreneurs d’accéder à des prêts de manière rapide et facile.

130 start-up africaines avaient postulé au programme 2022 «Catapult: Inlcusion Africa». Dix avaient été retenues pour participer à l’événement porté par la Lhoft et soutenu notamment par le ministère de la Coopération et de l’Action humanitaire. Après trois jours de travail avec des mentors et des experts, des Émirats arabes unis et du Luxembourg, afin de doper leur business, c’est la start-up ougandaise eMaisha Pay qui a été distinguée après le concours de pitch entre tous les participants. 

Comment pourriez-vous expliquer à quelqu’un qui ne connaît pas eMaisha Pay ce qu’elle est?

Sserubiri Uhuru. – «Nous sommes une plateforme qui permet à des PME d’accéder de manière facile et rapide au crédit. Nous avons pour cela développé une application très simple à utiliser. Elle propose d’encoder différentes données. Il y a ensuite un travail qui est produit par notre app en tenant compte de caractéristiques psychométriques et de différentes données alternatives pour évaluer la demande, sa pertinence par rapport au marché, le risque qu’elle présente… eMaisha Pay est un agrégateur qui évalue le crédit pour ensuite en faciliter l’accès, et cela, de façon très rapide. L’objectif est de transformer le processus au niveau du contact, de l’évaluation, de la prise de décision, du décaissement, de la gestion du prêt.

Il nous semblait que trop d’entrepreneurs qui avaient besoin d’un crédit pour différentes raisons – besoin de liquidité, développement… – rataient des opportunités par la lenteur des procédures. Et que cela parfois était dramatique. Nous sommes là pour éviter que cela arrive. 

Que représente cette distinction reçue à Dubaï?

«C’est avant tout la validation de notre business model. Cela démontre que notre start-up est bien configurée, que le potentiel est là. Mais surtout, et, c’est, sans doute, le plus important, que nous pouvons avoir un réel impact social grâce à notre technologie. C’est plutôt bien pour une start-up de huit personnes qui n’a pas encore trois ans.

Vous avez souligné que pour l'Afrique, les 10 prochaines années seraient décisives en ce qui concerne les technologies en général, dont les fintechs. Que voulez-vous dire?

«Les technologies sont une opportunité énorme pour l’Afrique, car les taux de pénétration de téléphonie mobile sont très importants, tandis que les réseaux sont performants ou se développent. On a donc une chance incroyable de proposer de nouveaux services très performants à de très grandes populations, et cela, en ayant un réel impact social. Par ce biais, nombre de problèmes de l’Afrique peuvent trouver une solution. C’est possible, car les talents et les initiatives ne manquent pas. Si l’on veut changer les choses, c’est maintenant ou jamais. Et j’estime que nous avons dix ans pour le faire. Dix ans, c’est court, mais c’est possible.»