PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Les fonds luxembourgeois: quel avenir?

«Le secteur des fonds a un avenir radieux au Luxembourg»


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Alors que la crise du Covid n’est pas encore derrière nous, le volume d’actifs sous gestion au Luxembourg vient de battre un nouveau record. Forte de nombreux atouts, l’industrie luxembourgeoise des fonds est parée pour répondre à la demande croissante de financements liés à la transition énergétique.  

Au 31 janvier 2021, 5.000 milliards d’euros d’actifs étaient déposés dans des fonds opérant à partir du Grand-Duché. Un chiffre record, qui ferait presque oublier que nous ne sommes pas encore sortis d’une crise globale, qui a eu un impact important sur l’économie mondiale. Il faut dire qu’au Luxembourg, malgré la pandémie, l’activité de l’industrie des fonds d’investissement n’a pas connu d’arrêt. Et la chute des marchés aux mois de mars et avril 2020 a vite été effacée par une reprise fulgurante.

Cet environnement légal, qui oblige à une grande transparence dans la gouvernance, est un atout tant pour les investisseurs finaux que pour les gestionnaires d’actifs.
Anthony Lollieux

Anthony Lollieux,  Head of Relationship Management,  Banque de Luxembourg

Une expertise et un cadre inégalables

Si le Luxembourg tire si bien son épingle du jeu dans le domaine des fonds d’investissement, c’est parce que ses fondamentaux demeurent solides. «Le pays a construit son succès sur sa position centrale en Europe, sa rapide adaptation en droit national des réglementations européennes et sa capacité à distribuer des fonds partout en Europe», explique Anthony Lollieux, Head of Relationship Management au sein de la Banque de Luxembourg. «Mais finalement, Amsterdam, Paris ou Francfort pourraient faire ce que fait Luxembourg. Ces places ont d’ailleurs tenté de profiter des opportunités liées au Brexit, et elles ont acquis certaines parts de marché dans le domaine de la finance, mais pas des fonds. Cela pour une raison très simple: l’expertise luxembourgeoise en la matière est performante.»

Cette expertise, qui se déploie dans un large écosystème, n’est pas le seul atout du Luxembourg. Le cadre juridique mis en place pour encadrer l’industrie des fonds en est un autre. «Celui-ci est très fourni et s’avère même complexe. Mais les prestataires de services locaux l’ont bien assimilé», estime Anthony Lollieux. «Cet environnement légal, qui oblige à une grande transparence dans la gouvernance, est un atout tant pour les investisseurs finaux que pour les gestionnaires d’actifs. En effet, on trouve au Luxembourg des véhicules très variés, dont les règles et les obligations des parties prenantes garantissent la protection des investisseurs retail et institutionnels.»

Le risque réputationnel et la concurrence entre entreprises sont aujourd’hui deux éléments très importants qui rendent le coût du green washing plus élevé.
Anthony Lollieux

Anthony Lollieux,  Head of Relationship Management,  Banque de Luxembourg

Les fonds, une réponse aux besoins de la société

Demain, ces atouts conserveront tout leur intérêt, dans un contexte où de nouveaux besoins émergent, qui demanderont d’importants financements. Pour répondre à la problématique de la transition énergétique par exemple, des investissements très importants devront être consentis. Les fonds d’investissement pourraient, à ce titre, s’avérer très utiles. «Il faut comprendre que l’industrie des fonds répond à des problématiques économiques et sociétales», poursuit Anthony Lollieux. «Actuellement, l’enjeu est de parvenir à changer de modèle industriel. Or, pour y parvenir, d’importants capitaux sont nécessaires et peuvent être apportés par des fonds d’investissement.»

Le financement de la transition énergétique passe par des investissements dans les sociétés existantes à travers des fonds ESG, par exemple. D’autres types de fonds comme les venture capitals sont, eux, essentiels au financement des innovations nécessaires. Quelle que soit la formule utilisée, la transparence de ces véhicules sera indispensable. «Le risque réputationnel et la concurrence entre entreprises sont aujourd’hui deux éléments très importants qui rendent le coût du green washing plus élevé», estime Anthony Lollieux. «En faisant reposer la responsabilité de cette transparence sur les acteurs financiers, la réglementation européenne incite ces acteurs financiers, dont les fonds d’investissement, à faire pression sur les entreprises afin qu’elles respectent leurs engagements.»

En raison de ses atouts intrinsèques et des défis qui s’annoncent, le secteur luxembourgeois des fonds d’investissement devrait donc continuer à rester incontournable demain. «Il y aura certainement une concurrence accrue avec de nouveaux produits, liés aux nouvelles technologies. Mais pour toute une série d’acteurs, les fonds d’investissement resteront une solution de premier choix. La plus grande difficulté à venir sera assumée par les prestataires de services locaux: dans un contexte réglementaire de plus en plus complexe, il faudra permettre aux clients, souvent étrangers, d’intégrer ce cadre de manière efficiente qui, in fine, vise à protéger les investisseurs», conclut le Head of Relationship Management de la Banque de Luxembourg.