ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Solution

La révolution de la «smart occupancy»



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Fabien Girerd, CEO de Jooxter. (Photo: Jooxter)

Aujourd’hui, dans le monde, 4,5 milliards de mètres carrés sont sous-utilisés par les entreprises, voire vides, plus de la moitié du temps. Des solutions de «nouvelle génération» se développent pour y remédier.

Le paradoxe est frappant: les entreprises sont en perpétuelle recherche de mètres carrés supplémentaires pour faire face à leur croissance, alors qu’en l’état, les taux d’occupation de leurs espaces de travail sont rarement supérieurs à 50%.

C’est une hérésie, sans parler du coût du mètre carré, qui ne cesse d’augmenter. C’est l’exemple régulièrement cité par Fabien Girerd, CEO Jooxter, d’un directeur de business unit réclamant à son directeur immobilier plus de bureaux, alors que celui-ci a la conviction d’avoir trop de mètres carrés inutilisés, mais n’a aucune donnée factuelle pour le prouver.

Des solutions de gestion d’espaces de travail nouvelle génération

Ces solutions, dont Jooxter est le porte-­drapeau, apportent une vraie réponse aux gestionnaires immobiliers pour mieux comprendre l’occupation réelle de leurs bâtiments, optimiser leurs mètres carrés, et ainsi mieux valoriser leur parc immobilier.

Qu’entend-on par «nouvelle génération»? Premièrement, ces solutions s’adressent à tous types de bâtiments, neufs ou anciens, en les rendant intelligents grâce à l’internet des objets (IoT), et plus précisément des objets connectés autonomes installés dans le bâtiment, sans aucun câblage, non intrusifs, capables de collecter les données d’occupation des espaces de travail.

Enfin, nouvelle génération est synonyme d’agilité (interopérabilité), c’est-à-dire capable de s’intégrer avec l’infrastructure numérique du bâtiment (gestion technique du bâtiment, building integrated modelling, building operating system), mais également avec le système d’information de l’entreprise, comme ses calendriers Outlook ou Agenda, par exemple.

En 2020, la smart occupancy est à la portée de toute entreprise pour mieux piloter la performance des espaces de travail.

Le bâtiment s’adapte à l’humain, pas l’inverse

2020, apogée des nouveaux modes de travail au sein des entreprises: selon l’étude Gartner, 40% des entreprises auront transformé leurs espaces pour mieux répondre à ces nouveaux modes de travail. Nomades et connectés, les collaborateurs travaillent où ils veulent, et de moins en moins dans des bureaux classiques, cloisonnés, du lundi au vendredi.

Et cette tendance s’accélère: 94% des millennials (18-25 ans) ne se voient pas travailler dans un bureau fermé. Les collaborateurs veulent aujourd’hui travailler autrement vers plus d’autonomie, d’agilité et un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée.

Les entreprises ont compris ces enjeux et ont désormais conscience de l’urgence de s’adapter à ces nouveaux usages, par exemple:

- Favoriser le collaboratif et la spontanéité des rencontres. On va au bureau pour collaborer, et non plus uniquement pour travailler devant son poste.

- Partager son bureau ou son parking automatiquement ou d’un simple clic en cas d’absence ou de congé.

- Trouver rapidement l’espace qui correspond à son besoin depuis son smartphone, que ce soit dans son bâtiment, mais aussi sur un autre site.

À l’heure où il devient de plus en plus difficile de se déplacer, l’entreprise doit pouvoir proposer des solutions au collaborateur pour faciliter son quotidien et améliorer sa productivité. On peut parler de télétravail, mais aussi de travail déplacé quand les entreprises mettent à disposition des bureaux en périphérie ou à proximité de chez eux. Moins de stress, moins de temps dans les embouteillages, c’est plus de productivité pour tout le monde, collaborateur et entreprise: une solution gagnant-gagnant.

 L’appropriation de ces nouveaux modes de travail passe par le déploiement de solutions smart occupancy où le collaborateur peut d’un simple clic interagir avec les différents bâtiments et espaces mis à disposition en toute autonomie.

À l’échelle du Luxembourg, ces problématiques sont plus que d’actualité: difficulté de plus en plus pressante de se déplacer (transport, voiries…), un coût du mètre carré de bureaux à des niveaux historiques, développement frénétique des projets immobiliers (plus de 1,2 million de mètres carrés en construction), recrutement et rétention des talents de plus en plus difficiles.

Pour ne prendre qu’un exemple, celui des frontaliers: 192.000 personnes début 2019, soit plus de 45% des salariés du pays sur les routes et dans les transports matin et soir. Une solution smart occupancy est aujourd’hui le moyen pour les entreprises de faciliter la mise en place de business hubs, ou bureaux flexibles, aux frontières, permettant ainsi de réduire les problèmes de trafic tout en améliorant le quotidien de chacun.