ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Start-up

Jooxter, le libérateur d’espaces



Face aux contraintes liées à la réservation et à l’occupation des salles de réunion, Jooxter utilise les capteurs des nouveaux bâtiments intelligents pour proposer une solution mobile. Un gain de temps et d’argent. (Photo: Shutterstock)

Face aux contraintes liées à la réservation et à l’occupation des salles de réunion, Jooxter utilise les capteurs des nouveaux bâtiments intelligents pour proposer une solution mobile. Un gain de temps et d’argent. (Photo: Shutterstock)

Jooxter a intégré l’incubateur du Crédit Agricole à Luxembourg. Objectif: libérer des espaces de bureaux dans les banques, assurances et autres grands espaces où la «réunionite» aiguë pose problème.

À 15.000 euros le mètre carré de poste de travail, la facture des salles ou des bureaux vides peut vite coûter très cher. «Vous imaginez une tour de 4.000 postes de travail à la Défense?», s’amuse le CEO de Jooxter, start-up qui rejoint le Luxembourg pour se développer à l’international plutôt qu’à Londres en raison des incertitudes liées au Brexit.

Cette start-up profite de ce que les nouveaux bâtiments sont équipés d’objets connectés par défaut pour les scanner et proposer une solution de gestion des bureaux et autres espaces. Finis les bureaux d’employés qui restent vides, les réservations de salles qui ne sont finalement pas occupées ou trop occupées.

À partir de la carte, la solution détecte la présence dans le bureau ou la salle, et indique instantanément et directement sur tous les appareils l’état d’occupation. «Même les bureaux des directeurs ou cadres supérieurs entrent dans le jeu», décrit le CEO.

«Les bureaux sont de moins en moins personnalisés. Aussi, quand un cadre n’est pas là, la société peut l’utiliser pour un autre salarié. Comme beaucoup de sociétés ont du mal à gérer leur croissance dans ce domaine, cela leur permet de mieux accueillir leurs nouveaux salariés qui, généralement, sont dans des nouveaux modes de travail.»

25% des bureaux vides

C’est ce qu’il appelle le gruyère des bureaux. «Une banque parmi nos clients avait calculé au moment de la définition de son projet que 25% de ses bureaux étaient vides chaque jour. Un autre client, une banque aussi, a décidé de ne plus fermer d’agences, mais d’utiliser notre solution pour permettre à ses salariés de travailler plus près de chez eux, dans une de ses 600 agences, aussi souvent que leur présence n’est pas requise à leur bureau ‘officiel’. Ça commence à devenir un courant, le ‘travail déplacé’. Cela apporte un bien-être dans la mobilité puisqu’on n’a pas besoin de passer deux heures sur la route.»

Cinq ans après sa création, la start-up a séduit une trentaine de grands comptes, comme le Crédit Agricole, BNP, Deloitte, L’Oréal ou Veolia. Ces clients, qui peuvent avoir accès aux statistiques du taux d’occupation de leurs bureaux, aux mouvements dans les réservations (anonymisées et pas par salariés), au check-in ou même aux espaces libérés, paient un forfait pour l’installation et s’abonnent pour trois ans. Le prix varie selon le nombre de bureaux et l’espace à gérer.

Après avoir commencé à travailler en Grande-Bretagne, en Italie et à Bruxelles, Jooxter, qui a levé un million d’euros il y a deux ans et demi, entend atteindre son «break even» cette année «pour aller plus loin et se développer à l’international depuis le Luxembourg», explique son CEO au salon Vivatech à Paris, avant de rejoindre le Luxembourg pour l’ICT Spring.

Une étude récente l’affirme, ce marché est estimé à 5 milliards de dollars par an.