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Sur la carte des chantiers de bureaux



Le pipeline des réalisations de plus de 10.000 mètres carrés de bureaux est bien rempli, mais déjà sous pression. Le reflet d’un attrait continu pour la capitale ainsi que la question d’une nécessaire décentralisation.

Les grues tournent à plein régime du côté de la Cloche d’Or depuis plusieurs mois et des livraisons se sont succédé dans un quartier du Kirchberg que l’on croyait déjà saturé. Pas de doute, le marché de l’immobilier de bureau continue sur une lancée favorable.

Il suffit de se rappeler les rapports de marché pour le premier semestre de cette année pour s’en rendre compte. La prise en occupation, soit l’entrée de locataires dans de nouveaux espaces, s’est élevée à 147.000 mètres carrés, soit le record de la décennie. Les spécialistes tablent déjà sur un franchissement pour la troisième année consécutive des 200.000 mètres carrés.

Dans le même temps, les nouvelles constructions se poursuivent pour tenter de combler la demande. Car sur un volume prévu de 430.000 mètres carrés en cours ou à construire d’ici 2019, une faible partie est prévue en spéculatif.

 

À l’inverse, les projets en cours ou qui seront finalisés d’ici deux ans ont déjà trouvé un locataire ou sont construits expressément pour un occupant.

Quel développement d’ici 2025?

À l’occasion du supplément «Workspace» de Paperjam, la question du développement de ce marché à l’horizon de 2025 a été posée aux responsables de JLL et d’Inowai. Deux tendances dominent: un attrait intact pour la capitale d’une part et une importance des transports en commun comme sillon de concentration de nouveaux projets d’autre part.

«En considérant un horizon de 10 ans, je pense que le secteur immobilier va certainement se développer autour des axes de transport en commun, déclarait Romain Muller, managing director de JLL Luxembourg. La politique pousse clairement pour un décroissement du trafic sur autoroute et une nouvelle offre de transports en commun. C’est certainement la seule possibilité viable pour le Luxembourg.»  

La question de la décentralisation des zones de bureaux qui irait de pair avec la volonté du gouvernement de mieux réguler les flux de transport routier en provenance de la frontière est aussi sur la table. Sans pour autant parler de changement drastique.

«Les capitales qui sont aussi de grands centres économiques perdent rarement de leur attrait. La ville de Luxembourg devrait donc rester la plus attractive, même si son espace est relativement limité et déjà fortement construit», indique Vincent Bechet, CEO d’Inowai. «Mais, même au Kirchberg, où certains estiment le développement immobilier terminé, on voit encore naître de nouveaux projets. Les bâtiments des institutions européennes en sont déjà à la deuxième génération et les premiers masterplans ont été développés pour la zone à gauche des bâtiments de RTL.»

Des conditions favorables qui n’éludent pas la difficulté pour les acteurs de taille moyenne de trouver l’espace qui leur correspond à un prix raisonnable. Sans parler des difficultés de financement par les banques de projet depuis la crise. Les institutions bancaires sont en effet plus que regardantes pour financer des projets «à blanc.»