POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

J-2

Compte à rebours avant les élections américaines



Gary L. Goldberg and John R. Russell, members of Dentons’ Public Policy and Regulation practice in our Washington office. (Photo: Dentons)

Gary L. Goldberg and John R. Russell, members of Dentons’ Public Policy and Regulation practice in our Washington office. (Photo: Dentons)

Quelques heures avant les élections présidentielles américaines, les observateurs européens attendent les résultats de l’une des campagnes les plus délétères et clivantes de l’histoire récente. Rapports explosifs, révélations de Wikileaks, duels sur Twitter, sondages partisans, provocations sur les réseaux sociaux, relances de campagne, débats «à mort», résurgence des scandales sexuels de Bill Clinton, cette élection marquera les mémoires – mais d’un souvenir déplaisant.

Les coalitions qui ont conduit Donald Trump à porter la candidature républicaine sont fondamentalement différentes des configurations habituelles. Cela a eu pour conséquence l’émergence d’un candidat singulier, disposant d’une base de soutiens réduite mais fervente, dont de nombreux membres se sentaient à la fois floués par le Parti républicain traditionnel et impuissants à faire entendre leur voix dans la sphère politique actuelle. Le défi de Donald Trump lors de sa campagne aura été d’élargir sa base de soutiens au-delà de son noyau dur.

Alors que la coalition soutenant la candidate démocrate est très similaire à celle qui avait porté Barack Obama au pouvoir en 2008 puis 2012, la secrétaire d’État Hillary Clinton a dû, et devra de nouveau, fédérer et stimuler cette coalition afin de bénéficier du regain de popularité du président en poste, et ainsi assurer la pleine mobilisation du parti. Tout comme Trump, elle devra également chercher des soutiens au-delà de son électorat traditionnel et attirer ceux des Républicains et des Indépendants qui ne souhaitent pas voter pour son adversaire.

Chaque candidat propose des approches différentes des relations avec l’Europe, même si les deux ont émis des inquiétudes quant à la montée du terrorisme et souligné la nécessité d’un renforcement sécuritaire. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a pu entretenir des relations avec la plupart des dirigeants européens et effectuer de fréquentes visites sur le continent. La candidate démocrate souhaite soutenir ses alliés européens tout en leur demandant de «partager le fardeau» de la lutte contre le terrorisme. De son côté, Donald Trump a formulé des critiques à l’égard de l’Allemagne, de la France et de la Belgique pour leur passivité face au terrorisme, déclarant que les dernières attaques étaient «de leur propre faute» après avoir laissé entrer des réfugiés syriens sur leur territoire. Il a également déclaré que les pays alliés des États-Unis, en Europe et ailleurs, devraient payer davantage pour la protection militaire américaine.

De même, les deux candidats ont exprimé des opinions opposées sur le Brexit. Alors que Trump félicitait les Britanniques d’avoir pris la décision de quitter l’UE, Clinton s’en est inquiétée et a appelé à davantage d’unité sur le continent européen.

La course à la Maison Blanche a été étonnamment linéaire depuis le Labor Day. Les sondages ont montré Clinton remportant les suffrages tant à l’échelle nationale qu’à celle des États. Rappelons que les Démocrates ont commencé la chasse aux collèges électoraux avec à peine plus de 200 votes et les Républicains moins de 130; Donald Trump a donc connu une progression spectaculaire. Si l’élection se tenait aujourd’hui, Hillary Clinton serait élue.

Ces facteurs se traduiront-ils dans les scrutins exprimés? Ce sont des questions qui engageront les historiens, sociologues et spécialistes des sciences politiques dans les années à venir.